Startseite Aktuelles « La compétence prime toujours »
Ansprechpartner  Swissmem Swissmem
+41 44 384 41 11 +41 44 384 41 11infonoSpam@swissmem.ch
Teilen

« La compétence prime toujours »

Interview avec Marysa Gay Widmer, Responsable des Ressources Humaines pour le groupe LN Industries SA à Genève.

Mon nom est Marysa Gay Widmer. Depuis 2002, je suis Responsable des Ressources Humaines pour le groupe LN Industries SA, dont le siège est à Genève.

Née à la fin des années cinquante dans les montagnes valaisannes, je suis issue d’une famille ouvrière. J’ai effectué un cursus scolaire classique avant de suivre une formation commerciale qui a débouché sur un CFC de commerce. Il représentait à l’époque « le sésame » qui m’a permis d’intégrer le monde du travail et par la même mon indépendance.

Après la découverte du milieu industriel qui m’a beaucoup intéressé et appris, j’ai éprouvé le souhait de m’ouvrir au monde en travaillant au département des affaires étrangères à Berne dans la perspective de partir à l’étranger, puis un peu plus tard au CICR pour des missions sur le terrain en qualité d’administratrice qui m’ont conduite au Mozambique, en Côte d’Ivoire, au Libéria, au Zaïre et enfin en Ex-Yougoslavie, avant d’intégrer le siège du CICR à Genève dans la fonction de cheffe de personnel pour les administrateurs et le personnel informatique.

1. Comment réussissez-vous à concilier travail et vie de famille ?

Mariée, sans enfant, je n’ai eu aucune difficulté à concilier travail et vie de famille. M’investir dans une activité professionnelle a toujours été une évidence. D’abord par esprit d’indépendance et de liberté, mais aussi par désir de me réaliser dans une activité professionnelle qui m’apporte plaisir et stimulation. Le travail n’étant pas synonyme de contrainte, il participe à mon équilibre de vie. Cette vision des choses étant partagée par mon conjoint, il a été aisé d’organiser et d’aménager mon temps entre travail, famille et loisirs. Dans mon activité RH, je suis favorable à faciliter la conciliation travail et vie de famille qui s’est traduit, lorsque la charge de travail ou le type d’activité le permettait, par la baisse du taux d’activité, l’aménagement des horaires de travail ou encore le télétravail.


2. Vous travaillez dans une branche à forte dominance masculine. Vous adaptez-vous comme femme ou vous imposez-vous ?

Au cours de ma vie professionnelle dans des environnements et contextes différents, j’ai eu la chance de pouvoir évoluer sans jamais devoir me poser la question de ma position de femme. L’enthousiasme, la curiosité et le goût des défis ont été mes moteurs pour avancer dans ma carrière professionnelle et la chance de collaborer avec des personnes qui m’ont donné leur confiance a été un atout majeur. Je reste convaincue, qu’indépendamment des compétences de base requises pour un poste, une personne (homme ou femme) investie dans son travail, loyale, volontaire, curieuse d’apprendre et prête à prendre des risques peut évoluer dans sa carrière professionnelle. Dans ma fonction RH, les postes ont toujours été ouverts aux deux sexes et les candidatures examinées sous l’angle des compétences et du savoir-être. Néanmoins, j’ai pu constater que les femmes de manière générale nourrissent moins d’ambition et sont davantage dans l’attente d’une reconnaissance et de propositions que leurs collègues masculins.

3. Votre entreprise pratique-t-elle le « Diversity-Management » ? Qu’est-ce que cela vous apporte en tant que femme et amène à l’entreprise ?

Oui nous pratiquons le « Diversity-Management », mais en réalité cela se fait de façon spontanée, sans passer par le biais d’une démarche obligatoire. Les choses se font de facto en fonction de la compétence, pas de la nationalité, du genre ou de l’âge. De par la pluri culturalité d’une ville comme Genève et sa proximité avec la France, nous comptons de nombreuses nationalités parmi nos collaborateurs, qu’ils soient frontaliers ou pas. De même, selon nos sites et les départements, nous comptons plus d’hommes ou plus de femmes ; là encore, ce qui prime toujours, c’est la compétence. En tout nous comptons 30% de femmes, dont 17% en production, majoritairement dans des activités nécessitant dextérité et minutie, et 13% dans les secteurs de contrôle qualité, support, administration et ventes. Parmi le personnel d’encadrement, 23% sont des femmes que l’on retrouve surtout dans les fonctions commerciales, ressources humaines, finances et support.

Cela me mène à votre question : « Qu’est-ce que cela (le Diversity Management) vous apporte en tant que femme et amène à l’entreprise ? » … ma réponse est que pour moi la question ne se pose pas ! J’ai la chance de travailler avec des collègues masculins qui ne se la posent pas non plus, notre collaboration se situe à un autre niveau.

4. Qui vous aide à fixer vos objectifs professionnels et à les atteindre ?

De par mon rôle de cadre supérieure, je collabore au sein des comités de direction des différentes entités. Je traite les sujets qui entrent dans le cadre de ma fonction et de mes responsabilités (Ressources Humaines et Services Généraux) en fonction des priorités et des besoins exprimés. Ma curiosité, ma conscience professionnelle et mon acceptation de relever des défis me permettent de saisir des opportunités et de fixer mes objectifs.