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Initiative pour l’autodétermination : votez non pour que la Suisse reste fiable

Auteur : Dominique Zygmont

05.11.18

L’initiative pour l’autodétermination remet en question des accords importants entre la Suisse et d’autres pays. Elle nuit de ce fait à notre réputation de partenaire fiable. Donc, votez non.

L’initiative pour l’autodétermination est-elle véritablement la bonne solution pour maintenir la souveraineté de la Suisse ? Voici la question à laquelle le peuple suisse devra répondre fin novembre aux urnes. Les citoyens recevront le matériel de vote dans les prochains jours.

 

Personne ne nie que la démocratie directe représente une caractéristique de la Suisse. Le peuple a la possibilité de se prononcer sur d’innombrables sujets, dont font également partie les relations de la Suisse avec l’étranger. Il a par exemple à plusieurs reprises accepté les accords bilatéraux avec l’UE. Le fait de monter de tels accords contre d’autres votations n'est pas la bonne voie.

 

La Suisse est une nation exportatrice. Toutes les relations économiques avec l’étranger se basent sur des accords internationaux. La Suisse a fortement intérêt à ce que ces accords restent valables. Sans eux, la fluidité du commerce est mise en danger. En exigeant un changement radical dans la gestion des obligations internationales de la Suisse, c'est là justement que l’initiative pour l’autodétermination risque de provoquer. Elle veut placer les accords sous une réserve permanente qui exige de les renégocier ou même « s’il le faut » de les résilier s’ils ne sont pas conformes à la constitution.

 

Dans ce cas, la Suisse abandonnerait l’approche pragmatique qui la distingue. Notre manière de procéder ne serait alors plus de chercher la meilleure solution et de prendre en considération de façon égale les différentes décisions du peuple, mais d'exposer aveuglément des accords importants au risque d’être résiliés. La Suisse deviendrait ainsi un partenaire contractuel qui ne serait plus fiable. Posez-vous la question suivante : voudriez-vous encore faire des affaires avec un tel partenaire ?

 

L’initiative pour l’autodétermination ne clarifie pas la situation, mais crée de nouveaux problèmes et une certaine confusion dans la manière de la Suisse de répondre à ses obligations. Ceci est souligné par le fait que les déclarations des partisans de l’initiative restent floues lorsqu’il s'agit de savoir quels accords devraient être résiliés en cas d’acceptation. Selon une étude de l’économie, plus de 600 accords économiques importants seraient concernés si des contradictions avec la constitution apparaissaient. Au contraire, nous ne voyons pas de bénéfice politique qui prévaut sur l'émotion de la démocratie directe.

 

Par conséquent, l’initiative doit être rejetée. La fiabilité de la Suisse représente un bien précieux sur lequel repose notre économie. En l'abandonnant, notre autonomie n'augmentera pas. Au contraire, une telle situation nous conduirait dans un isolement auto-infligé. Notre politique extérieure ne peut pas poursuivre un tel but.

 

La position de Swissmem concernant l’initiative pour l’autodétermination