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Darwinisme 4.0 – de quoi l’industrie MEM a-t-elle besoin ?

La Suisse souffre-t-elle vraiment d’un manque de courage ? Jean-Claude Biver dit clairement OUI (interview sur watson.ch du 06.09.2019), « car nous ne sommes pas au 21ème siècle, mais dans le prolongement du 20ème siècle. Certes, nous avons trinqué au changement de millénaire avec du champagne, mais sommes restés sur notre lancée. Attention, surtout ne rien changer ! »

Cependant, ce sont la capacité et la volonté de changer qui font en sorte que nous continuons d’avoir du succès pour nous imposer à l’avenir. Déjà dans les années 1960, Megginson faisait référence à Charles Darwin (1809-1882) et sa théorie sur l’origine des espèces et la sélection naturelle en déclarant : « ce ne sont pas les espèces les plus intellectuelles qui survivent, ni les plus fortes, mais les espèces les plus capables de s’adapter, aussi à l’environnement changeant dans lequel elles se trouvent. » (cf. Goodwin, p. 267).

Mais quels changements devons-nous initier et quelle direction devons-nous prendre lorsque la théorie VUCA nous enseigne en même temps que tout est instable, incertain, complexe et ambigu ?

Trois changements majeurs peuvent être mentionnés ici, qui, d’une part, montrent à quel point les temps ont changé et, d’autre part, quel est le cadre dans lequel on agit. Le rythme du changement s’accélère et est depuis longtemps global et exponentiel. D’un autre côté, cependant, de nombreuses organisations n’ont pas encore subi beaucoup de changements structurels. Par conséquent, les processus, les chaînes de création de valeur et les procédures n’arrivent plus à suivre. La taille d’une organisation n’est plus vraiment pertinente, c’est-à-dire que si la taille était un facteur de pouvoir et de succès, les structures qui lui sont associées ne sont plus en mesure de réagir avec suffisamment de souplesse et de flexibilité, ce qui ouvre le marché aux start-ups - qui agissent généralement de façon rapide - qui travaillent différemment et qui approchent la clientèle avec une mentalité et identité différentes. En ignorant les approches raisonnables de la « old economy » et en contournant les réglementations correspondantes ainsi que les modèles mentaux, ce sont justement ces soi-disant « Game Changers » qui ont du succès. Il est particulièrement intéressant de constater que ces entreprises font confiance aux technologies les plus modernes au lieu de se fier aux valeurs d’une marque.

Mais qu’est-ce qui permet de se distinguer dans les moments difficiles ? La force nécessaire peut surgir lorsque nous parvenons à concevoir nos offres autour des personnes, car ce sont finalement elles qui achètent nos produits et demandent nos services. Malgré l’importance que nous accordons à la technologie, tout est une question de relations, de contacts et d’empathie - car c’est la seule façon pour nous de comprendre les besoins des autres et de les satisfaire avec nos offres.

Bien que nous ne puissions pas nous passer de la technique, elle n’est pas automatiquement le levier du succès. Nous devrions plutôt avoir le courage de sortir des sentiers battus, de quitter notre zone de confort avec une détermination appropriée pour prendre les mesures nécessaires.

Les résultats du baromètre du leadership 2019 sur la durabilité de l’économie suisse - plus de 1 300 représentants d’organisations ont donné leur avis - laissent entrevoir que la place industrielle suisse est bien préparée pour réaliser les points cités. L’orientation en fonction de la clientèle et la capacité de mise en réseau figuraient en tête de liste des compétences existantes et continueront certainement à garantir la compétitivité de la branche MEM.

Littérature :

Goodwin, Tom (2019): Digitaldarwinismus: Das Überleben der Stärksten im Zeitalter der Disruption; Plassen Verlag; Auflage: 1