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Décision sur l’énergie politique sans fondement

Swissmem regrette la décision du Conseil fédéral de ne plus remplacer les centrales nucléaires en service dès qu’elles auront atteint leur durée d’exploitation limite. Ainsi, le Conseil fédéral s’engage dans une voie décisive sans pouvoir présenter cependant une stratégie énergétique réaliste et fondée pour remplacer efficacement et de façon économique et écologique la production d’électricité nucléaire. Ceci met en péril un approvisionnement d’électricité sûr, autonome et rentable.

La place industrielle dépend d’un approvisionnement assuré et infaillible. Une petite défaillance d’approvisionnement causerait déjà des pertes pouvant atteindre des millions de francs. Les centrales nucléaires suisses assurent actuellement 40% de la production d’électricité et contribuent ainsi fortement à la sécurité d’approvisionnement. L’électricité produit en Suisse ne suffit déjà pas à couvrir la demande pendant la saison d’hiver. Compte tenu de ces aspects, Swissmem regrette la décision du Conseil fédéral:


  • Il ne sera pas possible de compenser la diminution successive de 40% de la production d’électricité en Suisse uniquement par le biais de mesures d’efficience ou d’énergies renouvelables dans les 10 à 15 ans à venir. Ceci menace la garantie d’approvisionnement vitale pour l’industrie.


  • Il n’existe pas encore de solution réaliste et politiquement applicable permettant de compenser le déficit dans la production d’électricité. Il est irresponsable de miser sur l’importation d’électricité étant donné qu’à l’étranger également les capacités de production diminuent. De plus, seules les capacités de production proches des besoins des consommateurs peuvent garantir un degré d’approvisionnement élevé.


  • Afin de pouvoir remplacer à moyen et long terme les capacités de production perdues, grâce aux énergies renouvelables, une expansion massive de l’infrastructure est indispensable (réseaux électriques, centrales d’accumulation, installations éoliennes, etc.). Les coûts de tels projets et l’acceptation par la société sont loin d’être garantis à l’heure actuelle.


  • La construction de centrales à gaz combinées constitue pour l’instant la seule alternative pour la production d’électricité à haut débit. Par conséquent, la Suisse va forcément augmenter massivement ses émissions de CO2. Cela signifie que la réalisation des objectifs de réduction de CO2, à l’aide de mesures en Suisse uniquement, est illusoire. S’ajoute à cela la dépendance élevée de l’étranger ainsi que les investissements importants dans des grands collecteurs de gaz.


  • Désormais il sera impossible de mener des discussions en tenant compte de toutes les possibilités technologiques. Le fait de renoncer à l’énergie nucléaire exclut une technologie qui à priori dispose encore du potentiel de développement tant au niveau de la sécurité, du rendement et de l’écologie (comme d’ailleurs toutes les autres formes de production d’électricité).


Dans l’intérêt de la place industrielle suisse, Swissmem exige du Conseil fédéral et du parlement:


  1. de mettre en place un groupe d’experts qui aura pour mission d’élaborer dans les 6 mois à venir une stratégie énergétique globale fondée et de présenter des solutions réalistes et politiquement applicables permettant de substituer les capacités de production des centrales nucléaires.


  2. Il faut maintenant adapter les conditions cadres de la politique climatique afin que les centrales à gaz combinées puissent être exploitées de façon rentable. Compte tenu de la possibilité de vouloir compenser la pénurie d’électricité par des importations de l’étranger, il faudra réviser la loi sur le CO2.


  3. Les nouvelles mesures d’incitation et d’encouragement servant à améliorer l’efficience énergétique et qui sont en faveur des énergies renouvelables, vont sensiblement augmenter le prix de l’électricité. Il faut cependant adapter ces mesures afin qu’elles n’évincent pas l’industrie et l’industrie manufacturière de la Suisse. L’économie doit dans tous les cas participer à la planification de ces mesures d’incitation et d’encouragement.


Zurich, 25 mai 2011



Informations supplémentaires:

Ivo Zimmermann, chef Communication Swissmem

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