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Politique climatique aux dépens de l’industrie

Dans son nouveau rapport sur le climat, le DETEC favorise, sans urgence apparente, précisément les options pénalisant l’industrie et prend le risque de faire de l’industrie des machines une «Branche en perdition». Par sa stratégie de désindustrialisation, le DETEC transfert les émissions dans des pays aux régimes climatiques moins sévères. La politique climatique doit fondamentalement être revue. Swissmem exige de simplifier le régime climatique et de l’adapter aux tendances enregistrées dans les communautés internationales misant toujours plus sur le négoce d’émissions et le développement de technologies.

L’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM) occupe plus de 320’000 personnes et exporte des biens d’une valeur de CHF 70 milliards, ce qui correspond à près de 40% du total des exportations suisses. L’industrie MEM est l’employeur le plus important du secteur secondaire. Il est écrit à la page 74 du rapport sur le climat présenté aujourd’hui par le Conseiller fédéral Moritz Leuenberger: «L’industrie des machines et le trafic routier sont fortement pénalisés. Nous attendons un certain transfert de l’industrie vers les entreprises prestataires de services. Jusqu’en 2020, le niveau du PIB devrait diminuer de 0,3%.»
En favorisant cette option, le DETEC accepte consciemment une nouvelle détérioration des conditions cadres pour la place industrielle. Ceci est complètement injustifié étant donné que l’industrie MEM a déjà réalisé de sensibles réductions d’émissions volontaires, en partie en coopérant avec l’Agence de l’énergie pour l’économie (AEnEC). Par conséquent, les émissions actuelles des entreprises membres de Swissmem se situent actuellement environ 40% en-dessous du niveau de 1990 et réalisent plus que mieux les objectifs de réduction fixés par la loi sur le CO2. Les objectifs prévus pour 2020 sont également déjà réalisés!
Par sa stratégie de désindustrialisation, le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) transfert tout simplement les émissions dans des pays aux régimes climatiques moins sévères. Il est bien ironique que dans le même département, l’on envisage d’étendre la taxe CO2 sur l’énergie grise contenue par exemple dans les emballages et également dans les produits importés finis.
Dans le chapitre 5, le rapport illustre une présentation détaillée des propositions discutées au niveau international en vue d’un possible régime post-Kyoto. Il existe différentes approches possédant le potentiel pour renforcer la place industrielle et ainsi assurer et encourager le savoir-faire et les places de travail en Suisse. L’industrie suisse ne doit pas transférer ses sites de production à l’étranger, mais être en mesure de développer, produire et exporter des produits d’une efficacité écologique élevée et contribuer ainsi à la résolution du problème climatique global.
En insistant dès le début sur le maintien de la taxe d’incitation, le DETEC commet la même erreur qu’à l’époque avec la loi sur le CO2. Aucun autre pays n’a suivi l’exemple de la Suisse. La Norvège a aboli la taxe CO2 et s’oriente comme le reste de la communauté de nouveau sur le négoce d’émissions. Pour le DETEC, ce négoce équivaut à une taxe d’incitation – qui cependant est d’une part plus facile à concrétiser et d’autre part plus efficace (page 60 du rapport).

Swissmem exige:
La politique climatique de la Suisse est à reconsidérer en vue de la prochaine période d’engagement du Protocole de Kyoto. Nous refusons le maintien, l'élargissement et une nette augmentation de la taxe d’incitation. Il s’agit d’envisager une simplification du régime climatique et de l’adapter aux tendances de la communauté internationale qui mise toujours plus sur le négoce d’émissions et le développement de technologies. Il est indispensable de tenir compte, dans le cadre de la formulation des objectifs post-Kyoto contraignants, du taux d’émission de CO2 faible en Suisse selon une comparaison de l'OCDE.

Zurich, 16 août 2007
Informations supplémentaires:
Walter Müller, Environnement et énergie
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