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Interlocuteur  Stefan Brupbacher Stefan Brupbacher
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Rétrospective de Stefan Brupbacher sur la session extraordinaire : « Un bon début, mais il y a encore du pain sur la planche. »

Dans l’interview, Stefan Brupbacher, directeur de Swissmem, tire le bilan de la session extraordinaire et commente la situation actuelle dans les entreprises industrielles.

Stefan Brupbacher, que reste-t-il de la session extraordinaire ?

Nous saluons le fait que le parlement ait soutenu les mesures du Conseil fédéral et qu’il ait libéré les crédits de trésorerie pour les PME. Cela crée une certaine sécurité pour les entreprises suisses. En même temps, nous sommes contents que le parlement n’ait pas décidé d’intervenir davantage dans la liberté entrepreneuriale. L’interdiction discutée des versements de dividende en cas de chômage partiel aurait été d’un point de vue entrepreneurial un mélange inadmissible de deux choses complètement différentes. Nous saluons également le fait que la politique climatique n’a pas été mise en rapport avec la gestion de la crise. Cependant, il reste encore du pain sur la planche au niveau politique.

Quelles sont les mesures politiques qui, à votre regret, n’ont pas encore été prises jusqu’ici ?

Deux mesures amélioreraient à court terme la situation de nos membres. La première est la prolongation du délai pour les demandes de crédits COVID-19 jusqu’à la fin 2020. Jusqu’à présent, une minorité de nos entreprises membres ont demandé un crédit car elles ont heureusement certaines réserves de liquidités et ne souhaitent pas réduire la marge de manœuvre pour les investissements, etc. Elles évitent de demander des crédits de liquidité à l’avance. La seconde est que les spécialistes, les techniciens et les clients de l’UE et des États tiers puissent à nouveau venir en Suisse. C’est pourquoi nous sommes très heureux que la Confédération ait assoupli les restrictions de voyage pour les États de l’UE/AELE - à présent, il ne manque plus que les États tiers. Même si une partie des activités peuvent être effectuées en ligne, un montage ou une réparation doit avoir lieu sur place.  Globalement, il est positif que les politiciens aient reconnu les besoins de l’industrie.

Au cours de ces premiers jours de normalisation, l’industrie vit-elle aussi un retour à la normale ?

Malheureusement pas - au contraire ! Les valeurs actuelles de l’indice des directeurs d’achat (PMI) indiquent en avril un effondrement dans nos marchés de vente les plus importants. Les conséquences de la crise du corona toucheront l’industrie MEM de plein fouet au cours du second semestre.  Comparée à d’autres branches telles que la gastronomie, l’industrie ne ressent les répercussions que plus tard.

Qu’est-ce qui pourrait constituer une lueur d’espoir pour les entreprises ?

Ce qui aide en premier lieu nos entreprises axées sur l’exportation c’est que le déconfinement soit terminé dans leurs marchés de vente et que la normalité revienne. Il ne faudrait pas encore renforcer l’insécurité générale qui régnait déjà avant la crise du corona et qui perturbe les investissements et les ventes dans l’industrie. De plus, la politique doit à présent nettement améliorer les conditions-cadres pour l’industrie. Nous ne voulons pas de programmes de conjoncture ni de subventions pour relancer l’industrie en Suisse, mais des mesures concrètes tels que la suppression des droits de douane sur les produits industriels et la reprise indispensable de la recherche aux hautes écoles. C’est capital pour que la capacité d’innovation des entreprises ne soit pas entravée. De telles mesures aident immédiatement les entreprises.