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Faire preuve d’esprit d’entreprise pour sortir de la crise

Les conséquences du confinement dû au coronavirus risquent de plonger l’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM) dans une crise profonde. Près de la moitié des entreprises MEM ont dû faire face à des annulations de commande. Ces chiffres d’affaires manqueront au cours des prochains mois. L’état du PMI (indice des directeurs d’achat) est encore plus inquiétant puisqu’en avril, il était tombé dans la majeure partie du monde au niveau le plus bas depuis la crise financière en 2009. Ce qui fait que les entrées de commandes vont aussi s’effondrer. Près de trois quarts des entreprises MEM s’attendent pour 2020 à des pertes ou des marges insuffisantes. Il est bien probable que la situation ne se redressera que l’année prochaine. Globalement, la branche MEM est confrontée à un défi important.

Stefan Brupbacher, Directeur Swissmem

Nous devons maintenant sortir le plus rapidement possible du confinement. Le Conseil fédéral a décidé d’entamer cette étape à la fin du mois de mai. Dans l’intérêt de l’économie et de la société, il est important qu’il poursuive cette voie de manière conséquente. Étant donné que l’industrie MEM exporte près de 80% de ses produits, les marchés de vente doivent également retourner à la vie normale le plus rapidement possible. Cela semble faisable étant donné que les autres États sont dans la même situation.

À l’image des crises précédentes, les entreprises seront obligées de retrouver toute leur efficacité dans les semaines et les mois à venir. Étant donné que les entreprises MEM suisses savent parfaitement comment gérer des situations difficiles, elles aborderont cette voie avec détermination et engagement. Le secteur public peut, devrait et doit les soutenir. La Confédération et les cantons doivent immédiatement prendre des mesures qui améliorent la compétitivité de l’industrie d’exportation. À moyen et à long terme, seules les entreprises compétitives seront en mesure de payer des impôts, de créer de nouveaux emplois et de contribuer à la prospérité des habitants de la Suisse.

Swissmem a formulé un certain nombre d’exigences concrètes à cet égard. En voici les plus importantes :

  • De nouveaux accords de libre-échange sont indispensables. La suppression des obstacles douaniers et techniques améliore la compétitivité des entreprises exportatrices sur les marchés cibles correspondants. Cela confère de nouvelles possibilités commerciales, notamment aux PME qui ne peuvent pas produire localement. C’est pourquoi il est important de transmettre au parlement le message complet de l’accord Mercosur et d’entamer les négociations avec les États-Unis.
  • Au niveau de l’encouragement de l’innovation, il faut accorder des fonds supplémentaires aux instruments Innosuisse « Encouragement de projets » et « Chèque d’innovation » et suspendre temporairement la contribution en espèces des entreprises. Cela devrait permettre d’éviter que les activités d’innovation des entreprises ne soient victimes des mesures d’économie désormais nécessaires.
  • Par conséquent, l’initiative de résiliation doit être REFUSÉE le 27 septembre. Ainsi, l’accès non discriminatoire au marché intérieur de l’UE, où partent 56% des exportations MEM, restera garanti. Ensuite, sans craindre les syndicats, il faut se mettre d’accord avec Bruxelles concernant les conditions de l’accord-cadre avant de présenter ce dernier au peuple.
  • Les droits de douane sur les produits industriels doivent être supprimés. Rien qu’à l’industrie MEM, cela apporterait une réduction des coûts de 125 millions de francs par année. Le parlement est ainsi soumis à un test décisif qui lui permet de prouver que le soutien à l’industrie n’est pas qu’une simple promesse.

Toutes ces décisions sont prises alors que nous assistons à un combat général qui déterminera notre avenir. Ces dernières années, le protectionnisme, la critique de la croissance et de la mondialisation ont fortement augmenté. Des objets de votation populaire qui autrefois étaient inimaginables ainsi que l’intervention de l’État dans la garantie de la propriété et de la liberté entrepreneuriale sont désormais monnaie courante. Le fait que grâce à la mondialisation les prix des biens de consommation aient fortement diminué et que, par conséquent, la prospérité de la classe moyenne en Suisse ait considérablement augmenté, est négligé. En même temps, la mondialisation a permis à des centaines de millions de personnes dans les marchés émergents de travailler pour un salaire qui leur a permis de sortir de la pauvreté. Ceci a diminué le fossé entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement.

Dans ce contexte, la crise du COVID-19 nous donne des enseignements essentiels : le protectionnisme, le fait de ne plus pouvoir consommer et les interdictions donnent lieu à une situation de récession, à des impôts plus élevés, à des luttes de répartition impitoyables et finalement à un important recul de la prospérité. Certes, l’aide rapide fournie par la Confédération était la bonne chose à faire. Toutefois, il faut éviter que ce genre d’action ne se répète, car les conséquences économiques qui laissent prévoir un énorme endettement sont déjà clairement visibles. Il s’agit dès maintenant d’analyser le confinement au niveau politique et de s’atteler sur la voie à prendre dans la future politique économique.

Pour l’industrie MEM, il n’y a qu’un seul moyen de garantir durablement le succès de l’industrie suisse et de notre pays : l’esprit d’entreprise, l’innovation et le libre-échange. Engageons-nous ensemble, car les enjeux sont importants!