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Non à l’initiative « Entreprises responsables » : parce que nous nous soucions des emplois dans les pays en développement

L’initiative « Entreprises responsables » expose les entreprises suisses à des risques de responsabilité uniques au monde. Par conséquent, elle met en danger les emplois en Suisse et augmente le risque de pauvreté au lieu de le réduire. Au moment de voter sur l’initiative « Entreprises responsables », les citoyens doivent être conscients de cette responsabilité qui affecte les perspectives économiques d’un grand nombre de personnes.

Fin novembre 2020, nous voterons sur l’initiative « Entreprises responsables ». Les auteurs de l’initiative prétendent que cela permettra d’améliorer la situation des droits de l’homme et la protection de l’environnement dans les pays en développement et émergents. Mais cette initiative s’avère être une tromperie qui ne tient pas ses promesses. Au contraire, elle cause des dommages en Suisse et dans les régions concernées. En se prononçant sur l’initiative, les citoyens doivent en tenir compte dans leur décision.

L’initiative impose une responsabilité unique au monde pour les entreprises suisses. Dans ce cas, les entreprises devraient assumer la responsabilité liée à la violation des droits de l’homme et aux normes environnementales à l’étranger causées par des entreprises partenaires impliquées dans la chaîne d’approvisionnement, alors qu’elles n’y sont pour rien. Mais ce n’est pas tout : afin de ne pas être tenues responsables, les entreprises doivent prouver qu’elles ont correctement rempli leurs obligations de diligence. Et tout cela devant un tribunal suisse, pour lequel il serait impossible d’évaluer correctement ce qui s’est passé à l’autre bout du monde. En revanche et à l’image d’une ONG suisse, les plaignants n’hésitent pas à justifier leurs plaintes au moyen de fausses informations : pour des photos utilisées dans le cadre d’une campagne en faveur de l’initiative pour des entreprises responsables, le travail des enfants dans une plantation de coton au Burkina Faso a été reconstitué (cf. article paru dans la NZZaS du 11.10.2020). Ceci n’est probablement qu’un avant-goût de la vague de fausses accusations qui déferlera sur la Suisse si l’initiative est acceptée.

La population locale et les PME suisses sont sanctionnées

L’initiative pour des entreprises responsables augmente donc les risques pour les entreprises qui envisagent investir dans les pays en développement et émergents et ainsi créer des emplois. Ces emplois constituent cependant la base de la création d’une classe moyenne durable dans ces régions et de la réduction de la pauvreté dans ces pays. En cas d’approbation de cette initiative, les entreprises réfléchiront à deux ou trois fois avant d’effectuer de tels investissements et de créer des emplois. Aussi prendront-elles des mesures contractuelles pour s’assurer vis-à-vis de leurs fournisseurs. Cela touche notamment d’innombrables PME à l’étranger et en Suisse. Comme il est souvent prétendu, l’initiative ne les épargne pas et en fin de compte ce sont elles qui sont le moins en mesure de se protéger des conséquences néfastes et de l’effet domino tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Voici précisément la contradiction de l’initiative, qui fait beaucoup de promesses sans les tenir. Elle sanctionne les faux, à savoir la population de ces régions à laquelle les ONG ne promettent pas pour la première fois une aide efficace pour finalement mettre en péril les emplois et les perspectives économiques. L’initiative touche également les PME suisses, en particulier celles qui sont fortement engagées à l’échelle internationale et qui par conséquent confèrent à d’innombrables familles dans le monde entier les moyens de subsistance. En agissant ainsi, les ONG et leurs sympathisants démontrent avant tout qu’ils ne comprennent pas les rapports économiques de base et la clé de succès du développement : des emplois qui sont créés localement et permettent une vie dans la dignité.

En refusant l’initiative pour des entreprises responsables, nous pouvons retourner ce paquet trompeur à l’expéditeur. Dans ce cas, les citoyens ouvriraient la porte au contre-projet du Parlement, qui entrerait en vigueur automatiquement et rapidement en cas de rejet. Aussi bien que Swissmem, je soutiens personnellement et explicitement ce contre-projet. Par contre, l’initiative est inefficace et extrêmement problématique car elle n’apporte rien, nuit aux entreprises et, dans le pire des cas, met en danger des emplois. La pauvreté augmenterait et ne diminuerait pas. Il est également de notre devoir, en tant que votants, d’assumer cette responsabilité. Par conséquent, et parce que je me soucie de ces emplois et des personnes qui les occupent, ma position est claire : Non à l’initiative pour des entreprises responsables.

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