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Pour un enregistrement du temps de travail moderne

25.04.16

L’enregistrement du temps de travail rigide est obsolète et ne répond plus aux besoins du monde de travail moderne. La Conseillère aux Etats Karin Keller-Sutter a lancé une initiative parlementaire pour changer cela.

Le système en vigueur depuis des décennies pour la saisie du temps de travail n’est plus adapté au monde du travail actuel. Chaque DRH auquel je parle me l’a confirmé. Certes, l’enregistrement du temps de travail simplifié qui peut être mis en place depuis le 1er janvier dernier est un pas dans la bonne direction (voir newsletter du 23/2015), mais ce n’est pas suffisant.

 

Les entreprises et les collaborateurs ont besoin de flexibilité. L’enregistrement rigide du temps de travail actuel représente une charge bureaucratique inutile. Je me réjouis que Madame la Conseillère aux Etats Karin Keller-Sutter ait déposé une initiative en la matière. Son but est «de faire en sorte que la saisie du temps de travail ne soit pas obligatoire pour les salariés exerçant une fonction dirigeante et pour les spécialistes occupant une position similaire qui disposent d'une grande autonomie dans l'organisation de leur travail et dans la détermination de leur horaire de travail et de leur temps de repos».

 

Madame Karin Keller-Sutter relève que «la saisie systématique du temps de travail, héritée de l'ancienne loi sur les fabriques, a ainsi été abandonnée dans certains secteurs au profit d'un système plus proche du régime d'horaire flexible imposé par les nouvelles réalités du monde de travail. Aucun système valable pour toutes les branches et toutes les entreprises n'a cependant pu être mis en place car l'ordonnance repose sur une base légale obsolète. Selon K. Keller-Sutter, cette procédure donne lieu à des inégalités de traitement, certaines branches et entreprises étant privées de facto de la possibilité d'assouplir l'obligation de saisie du temps de travail. La modification que propose la Conseillère aux Etats entend corriger cette situation et répondre aux besoins du monde du travail actuel.

 

«Les personnes qui exercent une fonction dirigeante et les spécialistes organisent leur travail de façon très autonome et déterminent en grande partie eux-mêmes leur horaire de travail et leur temps de repos», écrit la Conseillère. Cette situation concerne le monde du travail dans son ensemble, tous secteurs confondus. «Il faut donc modifier la loi afin que les collaborateurs exerçant des fonctions dirigeantes et les spécialistes occupant une position similaire soient libérés de l'obligation de saisir leur temps de travail».

 

Swissmem s’engage depuis longue date pour une flexibilité de l’enregistrement du temps de travail et soutient la motion ainsi déposée. Je suis convaincue que la libération de l’obligation d’enregistrer le temps de travail n’a pas de conséquences négatives pour les collaborateurs. Il n’y a pas de lien de cause à effet. Au contraire, en janvier 2016, l’université de Bâle a publié une étude sur le temps de travail de confiance, sous la direction de Monsieur le Professeur Beckmann (IZA World of Labor wissenschaftliche Studien zur Vertrauensarbeitszeit), laquelle rapporte qu’une autonomie relative à l’enregistrement du temps de travail augmente tant les performances individuelles des collaborateurs que celles de l’entreprise.

 

En espérant que la motion déposée porte ses fruits…