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Interlocuteur  Jean-Philippe Kohl Jean-Philippe Kohl
Chef de la division Politique économique / Directeur adjoint
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La flexibilité et le chômage partiel sont les meilleures mesures contre les dommages économiques dus au coronavirus

L’apparition du coronavirus entraîne des dommages économiques. L’industrie est concernée sous divers aspects. Il serait toutefois erroné d’introduire des programmes de conjoncture ou des subventions fédérales pour soutenir les entreprises. Swissmem revendique à la place le chômage partiel comme instrument primaire et établi, ainsi que le renforcement de la flexibilité afin que les emplois soient maintenus dans l’industrie.

L’ampleur du coronavirus et les conséquences pour l’économie ne sont pour le moment pas encore entièrement connues. L’industrie suisse est cependant concernée sous plusieurs aspects par les conséquences du virus. La protection des collaboratrices et collaborateurs contre toute contamination est prioritaire. En outre, avec la propagation du virus, il y a le risque que les relations avec les fournisseurs et la clientèle soient affectées. C’est essentiellement l’industrie d’exportation qui en subira les dommages économiques.

Dans ce contexte, les partis, les groupes d’intérêts et les syndicats ont posé des revendications politiques en faveur d’un soutien des entreprises. La palette va d’une répartition de l’argent de la Banque Nationale à la population à l’introduction de programmes de conjoncture au moyen d’investissements dans la protection du climat, en passant par le recours aux finances fédérales.

Pas de programmes de conjoncture

Swissmem rejette clairement de telles revendications. Dans la situation actuelle, il faut également agir avec sagesse en politique économique. La Banque Nationale et le trésor fédéral ne sont pas des vaches à lait que l’on peut traire à volonté et en cas de besoin d’urgence. Avoir plus d’argent en poche n’aide en rien contre un virus. La Banque Nationale a justement l’unique mandat de faire en sorte que les prix soient stables. De ce fait, il en ressort que son indépendance est une force importante pour la place économique qui ne devrait pas être abandonnée aussi facilement.

En outre, qu’il s’agisse d’investissements dans les constructions, l’infrastructure ou des mesures climatiques, les programmes étatiques de conjoncture ont un inconvénient de taille : ils arrivent toujours trop tard. Ce qui fait qu’ils ne sont effectifs au niveau économique que lorsque les entreprises et donc l’économie se sont déjà rétablies. Leur utilité en tant que mesure d’urgence est donc quasi nulle.

La flexibilité et le chômage partiel protègent les emplois dans l’industrie

Le chômage partiel est à l’heure actuelle déjà un instrument établi qui peut décharger les entreprises à court terme et de manière efficace. Swissmem demande qu’il soit possible d’y recourir en conséquence. Dans ce but, il faut une réduction du délai de carence de trois à un jour. Une prolongation de la durée d’indemnisation de 12 à 18 mois est aussi appropriée et utile.

La flexibilité pour les entreprises devrait également être augmentée. Dans ce but, il faut que le coronavirus soit reconnu par les autorités comme raison pour une augmentation du temps de travail pour compenser les absences. Le service de piquet et le travail de nuit et du dimanche devraient être provisoirement aussi facilités pour la même raison.

Une fois que le virus aura disparu, les entreprises seront ainsi prêtes à réagir à la demande à nouveau en hausse. Des conditions-cadres adéquates en politique économique seront décisives pour le succès de l’économie suisse. En font partie la suppression des droits de douane, la conclusion de nouveaux accords de libre-échange avec l’Indonésie et le Mercosur, ainsi que le renforcement de l’innovation des entreprises grâce à un financement suffisant des instruments d’encouragement existants et au message du SEFRI au parlement.

Le pire serait que les entreprises ne puissent plus donner suite aux commandes du fait de cas de maladie. C’est exactement cela que la politique devrait rendre possible et non distribuer de l’argent qui nuit plus qu’il ne profite.

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