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Entretien avec Dominique Ara-Zwahlen, coach, conférencière et animatrice d’ateliers

Dominique Ara-Zwahlen a occupé divers postes de marketing et de DRH. Forte de ses connaissances théoriques initiales (Post Grad. en Gestion des Ressources Humaines et Master en Sciences Economiques et Sociales), de formations annexes dans le domaine de l’accompagnement des personnes, et de ses expériences variées, elle intervient en industrie pour contribuer au développement des personnes tout en dynamisant leurs performances.

Pour explorer quelques pistes et offrir des outils pour développer le leadership au féminin… Dominique Ara-Zwahlen va co-animer une conférence le mardi 16 janvier 2018 de 17.00 jusqu’à environ 18.30 heures à l’hôtel Best Western Mirabeau, avenue de la Gare 31, 1003 Lausanne, consacrée au sujet : «Le leadership au féminin». Si vous souhaitez vous inscrire, merci de le faire à l’aide du lien suivant. Pour les participantes qui le souhaitent, deux ateliers suivront cette conférence les 9 mars et 17 avril de 9h à 12h30, dans ce même hôtel.

Dominique Ara-Zwahlen, quel est votre parcours?

J’ai commencé à l’OFIAMT (maintenant intégré au SECO) puis j’ai intégré le département marketing de Pfister Meubles. Là, je me suis très vite retrouvée Directrice Régionale, à 30 ans, la 1ère femme cadre supérieure chez Pfister. Je n’ai pu éviter tous les pièges après avoir restructuré la région de Suisse Romande, et me suis retrouvée à chercher un emploi. Ayant reçu la proposition d’aller évaluer un stage pour apprendre à faire son CV, j’ai découvert avec Daniel Porot le «marketing de soi», c’est-à-dire la façon, pour chaque personne, de trouver sa voie.

Conjuguant les aspects Marketing et RH, j’ai formé des gens pendant 7 ans. Puis j’ai eu des mandats, créé un Institut de Formation, été DRH d’une start-up pendant 2 ans, puis HR BP chez Orange. A travers ces expériences j’ai été sensibilisée aux inégalités, me battant par exemple quand j’entendais en réunion qu’une femme devrait être licenciée à son retour de congé maternité car elle ne pourrait pas reprendre ses responsabilités avec le même engagement qu’avant. Je suis ensuite revenue à ce que j’aime: équiper les gens et les aider à grandir dans leur job, en reprenant la responsabilité du cabinet Von Rohr puis en travaillant depuis 11 ans comme indépendante.

Vous intervenez souvent dans des entreprises à forte dominance masculine. Vous adaptez-vous comme femme ou vous imposez-vous?

Je suis appréciée pour ma «féminité» et les valeurs qui y sont associées: le dialogue (plutôt que la lutte), la valorisation des personnes, ma façon de voir autrement les choses et de challenger quand c’est opportun. Je prépare bien mes dossiers, suis hyper documentée, et si je vois que l’environnement est toxique, et que je n’ai pas d’appui réel ou de levier interne avec une volonté de faire évoluer les choses, alors, je renonce.

Que voyez-vous du rôle de la femme dans ce contexte?

Si une femme ne peut quitter son environnement, elle doit continuer à fonctionner, en s’exprimant sans peur, sans colère, sans rage, calmement. Un peu comme avec l’aïkido où on utilise la force de l’autre, plutôt que la lutte.

Souvent je vois que les femmes ont des postes d’influence, de «numéro 2»: elles sont heureuses et obtiennent ce qu’elles veulent sans être au firmament – elles ne sont pas intéressées par cet aspect, soit parce qu’elles ont des enfants, soit à cause du fameux plafond de verre, bien connu. Si elles sont vraiment ambitieuses, elles ne restent pas. Ce qui me réjouit c’est le changement de génération, les choses évoluent. La génération Y arrive à la quarantaine, travaille à temps partiel pour profiter de la vie et des enfants, et aménage son temps de travail pour plus de parité dans la gestion des affaires familiales.

Quel chemin voyez-vous pour les femmes en entreprise?

C’est véritablement de travailler sur elles-mêmes – comme pour les hommes d’ailleurs. C’est le même dilemme pour les hommes que pour nous, les femmes, à cause du changement générationnel qui commence à s’effectuer. La génération Y veut plus de partenariat et il y a de plus en plus les mêmes demandes qui émanent des hommes comme des femmes.

J’ai vu par exemple un jeune directeur de 28 se voir offrir un emploi aux US et le refuser tant que sa femme n’avait pas trouvé un job là-bas, ou un horloger demander à travailler à 80% pour pouvoir profiter de ses enfants le mercredi. Les statistiques sur la répartition des tâches de travail s’améliorent et les jeunes hommes regardent leurs épouses différemment que leurs pères ne le faisaient. Il y a une frustration des hommes s’ils ne peuvent pas prendre de congés si leurs enfants sont malades et leurs ambitions sont moindres – ils sont prêts à sacrifier leur rémunération pour un autre type de vie, ce qui est positif pour les femmes. On sait que 60% des expatriations échouent si les femmes n’ont pas de travail ou ne sont pas satisfaites avec leur intégration… les hommes ne sont plus prêts à sacrifier leur couple pour un emploi. Même si on voit davantage ce genre de choses dans les multinationales que dans l’industrie, c’est dans l’industrie plus que dans les services que sont nées les remises en cause d’organisation du travail.

Comment réussissez-vous à concilier travail et vie privée?

Grâce à mon mari qui comprend mes aspirations et mes ambitions. On a toujours discuté de qui faisait quoi, en fonctionnant en partenariat sur la gestion des enfants et de la maison. Nous avons aussi fait le choix financier d’engager une Nounou à la maison lorsque nos enfants étaient petits, c’était mieux comme ça pour nous et pour eux.

De plus, j’ai développé mon réseau de femmes, informel, pour les imprévus. Nous les femmes, sommes les championnes du réseautage: seulement, nos réseaux n’ont pas pignon sur rue. C’est un réseau de confiance, utile, un noyau dur sur lequel nous pouvons vraiment compter.

Un mot pour finir...?

Si une personne est alignée avec elle-même de façon bienveillante, qu’elle se connait bien, elle est bien au travail. L’attitude individuelle impacte la culture d’entreprise … J’aimerais que les femmes prennent soin de leur leadership et ne le laisse pas à leur chéri, collègues ou patron, mais qu’elles prennent soin de leur propre destinée, en harmonie avec leur conception du couple, du rôle de Maman et de professionnelle.