L’initiative du chaos vise à limiter, de façon rigide, la population résidente permanente de la Suisse à 10 millions d’habitants. Si ce seuil venait à être dépassé, le Conseil fédéral devrait prendre des mesures radicales, pouvant aller jusqu’à la dénonciation de la libre circulation des personnes. Nos relations avec l’UE, notre principal partenaire commercial, seraient alors délibérément mises en péril. Cela poserait un sérieux problème à l’industrie tech suisse : en effet, nos entreprises ont besoin de prévisibilité, de marchés ouverts et d’un accès à une main-d’œuvre qualifiée. Or ce sont précisément ces facteurs de réussite que l’initiative compromettrait. Au lieu de créer de l’ordre, elle sème le chaos et l’incertitude. Au lieu d’adopter une approche ciblée, elle mise sur des automatismes rigides. Pour faire court : c’est une politique à coups de boule de démolition.
On ne peut pas ignorer la réalité démographique
On ne peut pas nier la réalité démographique via une initiative populaire. Aujourd’hui déjà , le nombre de personnes qui partent à la retraite est nettement supérieur à celui des jeunes qui entrent sur le marché du travail. Sans l’immigration, le nombre de personnes en âge de travailler en Suisse serait en baisse depuis des années déjà . La nouvelle étude démographique commandée par le Secrétariat d’État aux migrations le montre clairement : une limitation de l’immigration affaiblirait considérablement le marché du travail. D’ici à 2075, il pourrait manquer environ 570 000 actifs par rapport au scénario de référence. L’industrie serait également particulièrement touchée, avec une perte d’environ 79 000 personnes actives.
L’industrie alerte sur les conséquences
Les témoignages des acteurs de l’industrie dévoilent ce que cette initiative impliquerait concrètement. Stefan Scheiber, de Bühler, Urs Ryffel, de HUBER+SUHNER, Christof Domeisen, d’Angst+Pfister et Thomas Nägelin, de FRAISA, entre autres, se sont clairement prononcés contre l’initiative du chaos. Leurs entreprises incarnent les atouts majeurs de la place industrielle suisse : capacité d’innovation à l’échelle mondiale, précision industrielle, ancrage durable en Suisse et réseau international.
Le message de ces CEO est sans équivoque : pour que de telles entreprises puissent continuer à prospérer depuis la Suisse, elles ont besoin d’une main-d’œuvre qualifiée, de marchés ouverts et de relations stables avec l’Europe. Or l’initiative du chaos met tout cela en péril. Elle confond migration de main-d’œuvre et questions d’asile, au lieu de résoudre les problèmes là où ils se posent réellement. Elle affaiblit la prévoyance vieillesse, car moins de personnes actives cotiseraient à l’AVS. Elle accentue la pression sur le système de santé, car la population vieillit et qu’il y a, parallèlement, une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Enfin, elle menace la compétitivité internationale d’un pays qui dépend fortement des exportations, de l’innovation et de relations fiables.
Prenons nos responsabilités dès maintenant
Le matériel de vote est arrivé. C’est maintenant le moment de prendre nos responsabilités : pour garantir des conditions-cadres stables, l’accès à la main-d’œuvre qualifiée, l’ouverture des marchés, la voie bilatérale éprouvée – et, en fin de compte, pour assurer la vitalité de la place industrielle suisse.
