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NON à l’Initiative pour un fonds climat le 8 mars

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Interlocuteur  Philipp Bregy Philipp Bregy
Chef de secteur énergie
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L’initiative pour un fonds climat engendrerait des dettes de plusieurs milliards hors du frein à l’endettement. Elle porte atteinte à la stabilité des finances publiques, pèse sur les ménages et les entreprises et empêche la réalisation de tâches fédérales importantes. Swissmem recommande de voter non.

L’initiative pour un fonds climat (« Pour une politique énergétique et climatique équitable : investir pour la prospérité, le travail et l’environnement ») demande la création d’un fonds alimenté chaque année par 0,5 à 1% du produit intérieur brut (PIB), soit jusqu’à 10 milliards de francs par an. Les dépenses pourraient atteindre 100 à 200 milliards de francs d’ici à 2050. Le fonds doit être financé par un nouvel endettement, sans tenir compte du frein à l’endettement.

Le Conseil fédéral rejette l’initiative, car elle menace la stabilité financière de la Suisse, fait obstacle à l’accomplissement de tâches importantes de la Confédération et est inutile. Le Conseil des États et le Conseil national, ainsi que les groupes parlementaires du PLR, de l’UDC, du Centre et du PVL, de même que l’économie suisse rejettent également clairement cette initiative. Le fonds climat contournerait le frein à l’endettement, entraînerait des hausses d’impôts massives et compromettrait d’autres tâches importantes de l’État.

Cinq arguments contre l’Initiative pour un fonds climat :

Swissmem rejette résolument l’Initiative pour un fonds climat.

Hausses d’impôts massives

Le fonds climat oblige à procéder à des hausses d’impôts massives afin de combler les déficits de financement. Le Conseil fédéral prévient que la taxe sur la valeur ajoutée devrait augmenter, cette hausse pouvant aller jusqu’à 2,5 points de pourcentage, ce qui représenterait une charge annuelle qui pourrait atteindre 1280 CHF pour chaque ménage – une mesure antisociale qui toucherait particulièrement la classe moyenne et l’économie. À titre d’alternative, l’impôt fédéral direct pourrait être relevé, avec une augmentation pouvant atteindre 28%, ce qui pèserait lourdement sur les ménages et les entreprises. Ce fonds est un concept de politique financière sans contrepartie financière durable, qui menace la compétitivité de la Suisse.

Attaque contre le frein à l’endettement

L’initiative annulerait l’effet du frein à l’endettement. Le Conseil fédéral met en garde contre le fait que cela sape la discipline budgétaire et fait exploser la dette publique – d’ici à 2050, celle-ci pourrait atteindre 100 à 200 milliards de francs. Le frein à l’endettement, qui a permis de réduire la dette nette de la Confédération en la faisant passer de 130 milliards à moins de 100 milliards de francs, est un élément essentiel de la stabilité financière. Sans ce frein, les coûts liés aux taux d’intérêt risquent d’exploser, entraînant des hausses d’impôts et mettant en danger les sites économiques.

Éviction de tâches fédérales importantes

Le budget fédéral s’élève à plus de 80 milliards de francs par an. Un fonds climat générateur de dettes, pouvant atteindre 10 milliards de francs, pèserait lourdement sur d’autres domaines importants tels que la sécurité, la santé, l’éducation, les affaires sociales et les infrastructures. Les moyens financiers devraient être redistribués ou couverts par des emprunts, ce qui entraînerait des coupes budgétaires dans ces domaines essentiels. Il en résulterait inévitablement des coupes dans les dépenses sociales (AVS, AI), qui représentent environ 35% du budget. Cela compromet la cohésion sociale et affaiblit le principe de causalité. L’endettement à la place de solutions durables, ne constitue pas une réponse aux grands défis de l’avenir. Donner la priorité au fonds climat mettrait en péril des investissements importants dans la sécurité et l’agriculture de la Suisse. Les soins de santé et les infrastructures seraient également touchés, car la Confédération serait contrainte de procéder à des coupes sombres dans ces domaines.

Inutile et disproportionnée

La Suisse s’est fixĂ© pour objectif d’atteindre la neutralitĂ© climatique d’ici Ă  2050 et investit dĂ©jĂ  plus de 3 milliards de francs par an dans la protection du climat et la biodiversitĂ©. Grâce Ă  des instruments Ă©prouvĂ©s tels que la loi sur le climat, des progrès considĂ©rables ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s : depuis 1990, les Ă©missions de CO2 ont Ă©tĂ© rĂ©duites de 20%, et l’industrie ainsi que le secteur du bâtiment ont rĂ©duit leurs Ă©missions de 50%. Les entreprises membres de Swissmem ont mĂŞme rĂ©duit leurs Ă©missions de CO2 d’environ 64% depuis 1990. Le fonds climat gĂ©nĂ©rateur de dettes mettrait Ă  mal cette politique couronnĂ©e de succès. Il mise sur des subventions inefficaces qui provoquent des distorsions de marchĂ© et Ă©vincent les investissements privĂ©s. L’Initiative pour un fonds climat est inutile, car le Conseil fĂ©dĂ©ral a dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ© d’autres points clĂ©s autour de la loi sur le CO2 après 2030, tels que la manière d’atteindre l’objectif de zĂ©ro Ă©mission nette d’ici Ă  2050. Ceux-ci reposeront probablement sur un nouveau système d’échange de quotas d’émission orientĂ© vers le marchĂ©, par analogie aux Ă©volutions en cours dans l’UE. Au cours des prochains mois, une consultation aura lieu Ă  ce sujet, Ă  laquelle Swissmem participera au nom de l’industrie tech suisse. 

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Dernière mise à jour: 16.02.2026