Le taux de 39% instauré le 1er août 2025 sur les importations de la Suisse vers les États-Unis est tombé tel un couperet. Pour de nombreuses entreprisesces droits de douane ont signifié la fin des activités outre-Atlantique. Dans l’impossibilité de délocaliser leur production aux États-Unis, les PME de l’industrie tech ont été très impactées et nombre d’entre elles ont vu leur existence menacée.
L’industrie tech exporte 80% de ses produits et les États-Unis offrent à ce titre des débouchés très importants. Avec ces nouveaux droits de douane, les produits suisses ont subitement renchéri de 39% sur le marché américain et n’ont plus eu aucune chance face à la concurrence des États-Unis, de l’UE ou du Japon. Conséquence : l’avenir de dizaines de milliers d’emplois est toujours en jeu – non seulement dans l’industrie tech, mais aussi dans d’autres branches axées sur l’exportation comme l’horlogerie, la technique médicale et vraisemblablement l’industrie pharmaceutique.
Nous sommes tous concernés !
Un franc suisse sur deux provient du commerce extérieur. Si les exportations se portent mal, notre prospérité en pâtit directement. Faute de moyens disponibles, la sécurité sociale, le système de santé et la maintenance des infrastructures iront en se dégradant. Les conséquences seront aussi dramatiques sur le marché intérieur, comme dans le secteur de l’hôtellerie ou de la construction – et de ce fait pour vous !
Le monde est en pleine mutation. La journée « noire » du mois d’août 2025 pour la Suisse doit être l’occasion de libérer des forces : la politique, l’économie et la société tout entière doivent plus que jamais s’engager en faveur de l’industrie d’exportation. Soutenez les revendications de l’industrie tech – pour notre bien à tous.
1. Préserver les emplois – prolonger la durée d’indemnisation en cas de chômage partiel : but atteint !
Lors de sa session d’automne 2025, le Parlement a relevé la durée maximale d’indemnisation en cas de chômage partiel de 18 à 24 mois. Cette mesure est importante pour éviter les licenciements collectifs. Le relèvement a été soutenu par Swissmem et les partenaires sociaux.
2. Pas d’augmentation des dépenses sociales – stopper le développement de l’État social
Le Parlement examine depuis longtemps tout un éventail de nouvelles dépenses sociales : 10 milliards supplémentaires pour l’AVS, des moyens accrus pour les crèches et le financement d’un congé paternel ou parental. L’argent manque tout simplement. Nos entreprises et nos collaboratrices et collaborateurs s’acquittent déjà de charges sociales qui représentent 8 à 10% des charges salariales. Les propositions du Parlement augmenteraient ces frais annexes de 1,2%, coûts que les entreprises ne sont plus en mesure de supporter.
3. Assurer les marchés d’exportation – conclure et améliorer les accords de libre-échange
Depuis quelques années, le Conseil fédéral a lancé une offensive commerciale fructueuse. L’accord de libre-échange conclu avec l’Inde est en vigueur depuis octobre 2025. Il convient maintenant de ratifier rapidement ceux conclus avec le Mercosur, la Thaïlande et la Malaisie. Par ailleurs, les accords passés avec la Chine, le Japon et le Mexique doivent être améliorés. Celles et ceux qui décident de lancer un référendum contre ces accords doivent être conscients d’une chose : ils ou elles tirent délibérément et sournoisement dans le dos de centaines de milliers de collaboratrices et collaborateurs de l’industrie tech et d’innombrables personnes qui travaillent dans d’autres branches orientées vers l’exportation.
4. Assurer la voie bilatérale – préserver la flexibilité du marché du travail
Les nouveaux accords bilatéraux conclus avec l’UE revêtent plus que jamais une importance cruciale. L’UE est et demeure de loin le premier partenaire commercial de la Suisse. Entretenir des relations positives et stables avec nos voisins les plus proches apparaît encore plus essentiel dans le contexte actuel.
Avec les mesures de compensation qu’il prévoit, le mécanisme de règlement des différends se situe à des années-lumière des droits de douane arbitrairement imposés par le président des Etats-Unis. Il nous permet de défendre nos intérêts sur la base de règles clairement établies, les mesures de compensation ne constituant par ailleurs aucunement des mesures punitives. À l’inverse, les droits de douane américains nous mettent à la merci d’une politique uniquement axée sur la puissance.
Dans certains cercles, les versements annuels de l’ordre de 350 millions de francs qui seront désormais dus au titre de la cohésion sont souvent assimilés à des droits de douane. Aucune comparaison avec les droits de douane américains n’est cependant possible. Ces 350 millions de francs en représentent à peine 0,25%. Ou en d’autres termes : cette somme est 156 fois inférieure à la taxe imposée par les États-Unis !
Les Bilatérales III ne doivent néanmoins pas affaiblir le marché du travail. Le paquet de 13 mesures dont il a été convenu avec les partenaires sociaux doit être validé sans modification par le Parlement auquel il incombe parallèlement de refuser que la protection contre le licenciement soit massivement étendue aux syndicalistes. Il en résulterait une société à deux vitesses pour le moins malsaine pour les travailleuses et les travailleurs ce qui serait une erreur.
5. Encourager l’innovation – supprimer les contributions en espèces inutiles pour les projets Innosuisse
Seuls les produits innovants permettent à de nombreuses entreprises de s’affirmer sur le marché international. Après presque trois ans de crise industrielle conjoncturelle, beaucoup n’ont plus les moyens d’innover. Et le recul des exportations induit par les droits de douane américains d’encore 15% ne fera qu’envenimer la situation. Innosuisse peut contribuer à soutenir notablement l’innovation à travers deux mesures :
- en augmentant de manière significative le financement des projets et
- en réduisant, voire en supprimant, la contribution en espèces des entreprises pour l’exercice 2026 - ce qui reviendrait à prolonger une mesure déjà existante.
Par ailleurs, il conviendrait que les projets soient plus souvent initiés par les entreprises et moins par les universités.
6. Garantir la sécurité – renforcer l’industrie de la défense
Les règles très restrictives s’appliquant à l’exportation de matériel de guerre poussent non seulement l’industrie de l’armement locale au bord du gouffre, mais mettent également en danger la sécurité de la Suisse. La loi sur le matériel de guerre approuvée par le Parlement en décembre permet à nouveau d’exporter des biens d’armement vers des États partenaires, de renforcer la confiance vis-à -vis de la fiabilité de la Suisse et d’assurer un fondement économique à l’industrie de la défense. La capacité de défense de notre pays s’en trouvera également renforcée : la Suisse ne saurait maintenir son armée opérationnelle sur le long terme sans disposer de sa propre industrie. Un référendum sera lancé contre la révision de la LFMG. Aidez-nous à le faire échouer.
7. Garantir l’approvisionnement énergétique – autoriser toutes les technologies
De nombreuses entreprises industrielles sont tributaires d’un approvisionnement en électricité qui soit à fois sûr et durable à des tarifs économiquement supportables. Par conséquent, il est important que les coûts d’utilisation du réseau demeurent sous contrôle. Pour ce faire, quatre mesures doivent être adoptées en priorité :
- Pour les entreprises industrielles grandes consommatrices d’électricité, la rémunération pour l’utilisation du réseau ne doit pas augmenter davantage. En cas d’ajustements éventuels de la méthode de répartition des coûts du réseau, des incitations doivent être mises en place afin que les réinjections de courant photovoltaïque à des niveaux de réseau supérieurs n’entraînent pas de coûts supplémentaires pour les entreprises industrielles.
- L’injection de courant doit répondre à des critères économiques fondés sur le marché, quelle que soit la forme que prend la production. Les tarifs de réinjection pour la production photovoltaïque et éolienne injectée dans le réseau doivent systématiquement être calculés en fonction du prix de référence du marché. Cela donnera une incitation à investir dans des batteries ou à réduire volontairement la puissance délivrée.
- Grâce à une coopération renforcée, à la participation de la Suisse et à l’accès réciproque aux marchés, l’accord sur l’électricité avec l’UE crée un potentiel de réduction des prix, en particulier en ce qui concerne la rémunération pour l’utilisation du réseau.
- L'ouverture à toutes les technologies est essentielle et garantit que tous les types de production d'électricité respectueux du climat puissent être utilisés. Un mix électrique diversifié renforce la résilience de l’approvisionnement en électricité et optimise les coûts de système.
8. Assurer l’attractivité du site – permettre les investissements étrangers
La projet loi fédérale sur l’examen des investissements étrangers n’apporte rien, si ce n’est plus de bureaucratie et de régulation. Nous devrions nous réjouir que des entreprises étrangères souhaitent investir en Suisse. Ce n’est pas à la politique ni à l’administration de décider qui a le droit d’acheter quoi sur le territoire suisse. Les infrastructures d’importance stratégique pertinentes d’un point de vue systémique, comme les réseaux d’eau et d’électricité ou les chemins de fer, sont de toute façon propriété de l’Etat, et donc protégées des acquisitions indésirables.
9. Mettre en œuvre la protection du climat de manière pragmatique – réduire la bureaucratie
La trajectoire de réduction des émissions de CO2 de 2,25% par an décidée par le Conseil fédéral se révèle tout simplement impossible à mettre en œuvre tant sur le plan technique qu’économique. Jusqu’à présent, les entreprises de l’industrie tech ont toujours investi dans des solutions de pointe, mais elles ne sont pas en mesure de le faire chaque année. Au bout du compte, des entreprises se verront contraintes de mettre la clé sous la porte du fait de cette législation rigide, ce qui équivaudra à une désindustrialisation forcée induite par l’État. Le Conseil fédéral se doit de réviser cette ordonnance.
Selon une étude, les mécanismes de compensation des émissions de CO2 se traduisent par une augmentation de 50% du coût des compresseurs fabriqués en Europe, et d’autres produits subissent également des hausses conséquentes. Les fabricants se trouvent de fait dans l’impossibilité d’écouler leurs produits en dehors du marché européen. Force est de constater que ce redimensionnement contraint remet en question la place économique européenne et que la politique climatique par trop ambitieuse de l’UE est en passe de détruire sa substance industrielle. Une telle absurdité doit être épargnée à la Suisse.
10. Maintenir les technologies clés – faire avancer l’industrie des semi-conducteurs
Dans le domaine des semi-conducteurs le développement de technologies et de produits ainsi que la production en petites séries doivent devenir possibles. Il s’agit d’assurer l’avenir d’une technologie clé.

