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La situation reste tendue

Interlocuteur  Noé Blancpain Noé Blancpain
Chef Communication et Public Affairs
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L'union fait la force

Les droits de douane de 39% imposés par les États-Unis sur les produits suisses ont frappé de plein fouet l’industrie tech fortement orientée vers l’exportation. Depuis le 14 novembre 2025, des droits de douane de 15% s’appliquent. Mais il ne faut pas s’y tromper : il s’agit toujours de droits de douane supplémentaires, qui nuisent à la prospérité de l’économie. Toutefois, Swissmem est soulagée par cette baisse, car la situation est particulièrement difficile pour les PME. Plusieurs dizaines de milliers d’emplois restent menacés. Il est donc nécessaire que des mesures ciblées soient adoptées afin de soutenir les entreprises exportatrices.

Le taux de 39% instaurĂ© le 1er aoĂ»t 2025 sur les importations de la Suisse vers les États-Unis est tombĂ© tel un couperet. Pour de nombreuses entreprisesces droits de douane ont signifiĂ© la fin des activitĂ©s outre-Atlantique. Dans l’impossibilitĂ© de dĂ©localiser leur production aux États-Unis, les PME de l’industrie tech ont Ă©tĂ© très impactĂ©es et nombre d’entre elles ont vu leur existence menacĂ©e. 

L’industrie tech exporte 80% de ses produits et les États-Unis offrent Ă  ce titre des dĂ©bouchĂ©s très importants. Avec ces nouveaux droits de douane, les produits suisses ont subitement renchĂ©ri de 39% sur le marchĂ© amĂ©ricain et n’ont plus eu aucune chance face Ă  la concurrence des États-Unis, de l’UE ou du Japon. ConsĂ©quence : l’avenir de dizaines de milliers d’emplois est toujours en jeu – non seulement dans l’industrie tech, mais aussi dans d’autres branches axĂ©es sur l’exportation comme l’horlogerie, la technique mĂ©dicale et vraisemblablement l’industrie pharmaceutique.

Nous sommes tous concernĂ©s ! 

Un franc suisse sur deux provient du commerce extĂ©rieur. Si les exportations se portent mal, notre prospĂ©ritĂ© en pâtit directement. Faute de moyens disponibles, la sĂ©curitĂ© sociale, le système de santĂ© et la maintenance des infrastructures iront en se dĂ©gradant. Les consĂ©quences seront aussi dramatiques sur le marchĂ© intĂ©rieur, comme dans le secteur de l’hĂ´tellerie ou de la construction – et de ce fait pour vous !

L'industrie tech
en chiffres

  • Nombre de collaboratrices et collaborateurs : 324 000
  • Part du PIB : 7%
  • Part des exportations : 78%
  • Nombre de places d’apprentissage : 20 000
  • Proportion de PME : 96%

Le monde est en pleine mutation. La journĂ©e « noire Â» du mois d’aoĂ»t 2025 pour la Suisse doit ĂŞtre l’occasion de libĂ©rer des forces : la politique, l’économie et la sociĂ©tĂ© tout entière doivent plus que jamais s’engager en faveur de l’industrie d’exportation. Soutenez les revendications de l’industrie tech – pour notre bien Ă  tous.

1. Préserver les emplois – prolonger la durée d’indemnisation en cas de chômage partiel : but atteint !

Lors de sa session d’automne 2025, le Parlement a relevĂ© la durĂ©e maximale d’indemnisation en cas de chĂ´mage partiel de 18 Ă  24 mois. Cette mesure est importante pour Ă©viter les licenciements collectifs. Le relèvement a Ă©tĂ© soutenu par Swissmem et les partenaires sociaux.

2. Pas d’augmentation des dépenses sociales – stopper le développement de l’État social

Le Parlement examine depuis longtemps tout un Ă©ventail de nouvelles dĂ©penses sociales : 10 milliards supplĂ©mentaires pour l’AVS, des moyens accrus pour les crèches et le financement d’un congĂ© paternel ou parental. L’argent manque tout simplement. Nos entreprises et nos collaboratrices et collaborateurs s’acquittent dĂ©jĂ  de charges sociales qui reprĂ©sentent 8 Ă  10% des charges salariales. Les propositions du Parlement augmenteraient ces frais annexes de 1,2%, coĂ»ts que les entreprises ne sont plus en mesure de supporter.

3. Assurer les marchés d’exportation – conclure et améliorer les accords de libre-échange

Depuis quelques annĂ©es, le Conseil fĂ©dĂ©ral a lancĂ© une offensive commerciale fructueuse. L’accord de libre-Ă©change conclu avec l’Inde est en vigueur depuis octobre 2025. Il convient maintenant de ratifier rapidement ceux conclus avec le Mercosur, la ThaĂŻlande et la Malaisie. Par ailleurs, les accords passĂ©s avec la Chine, le Japon et le Mexique doivent ĂŞtre amĂ©liorĂ©s. Celles et ceux qui dĂ©cident de lancer un rĂ©fĂ©rendum contre ces accords doivent ĂŞtre conscients d’une chose : ils ou elles tirent dĂ©libĂ©rĂ©ment et sournoisement dans le dos de centaines de milliers de collaboratrices et collaborateurs de l’industrie tech et d’innombrables personnes qui travaillent dans d’autres branches orientĂ©es vers l’exportation.

4. Assurer la voie bilatérale – préserver la flexibilité du marché du travail

Les nouveaux accords bilatĂ©raux conclus avec l’UE revĂŞtent plus que jamais une importance cruciale. L’UE est et demeure de loin le premier partenaire commercial de la Suisse. Entretenir des relations positives et stables avec nos voisins les plus proches apparaĂ®t encore plus essentiel dans le contexte actuel.  

Avec les mesures de compensation qu’il prĂ©voit, le mĂ©canisme de règlement des diffĂ©rends se situe Ă  des annĂ©es-lumière des droits de douane arbitrairement imposĂ©s par le prĂ©sident des Etats-Unis. Il nous permet de dĂ©fendre nos intĂ©rĂŞts sur la base de règles clairement Ă©tablies, les mesures de compensation ne constituant par ailleurs aucunement des mesures punitives. Ă€ l’inverse, les droits de douane amĂ©ricains nous mettent Ă  la merci d’une politique uniquement axĂ©e sur la puissance.  

Dans certains cercles, les versements annuels de l’ordre de 350 millions de francs qui seront dĂ©sormais dus au titre de la cohĂ©sion sont souvent assimilĂ©s Ă  des droits de douane. Aucune comparaison avec les droits de douane amĂ©ricains n’est cependant possible. Ces 350 millions de francs en reprĂ©sentent Ă  peine 0,25%. Ou en d’autres termes : cette somme est 156 fois infĂ©rieure Ă  la taxe imposĂ©e par les États-Unis ! 

Les Bilatérales III ne doivent néanmoins pas affaiblir le marché du travail. Le paquet de 13 mesures dont il a été convenu avec les partenaires sociaux doit être validé sans modification par le Parlement auquel il incombe parallèlement de refuser que la protection contre le licenciement soit massivement étendue aux syndicalistes. Il en résulterait une société à deux vitesses pour le moins malsaine pour les travailleuses et les travailleurs ce qui serait une erreur.

5. Encourager l’innovation – supprimer les contributions en espèces inutiles pour les projets Innosuisse

Seuls les produits innovants permettent Ă  de nombreuses entreprises de s’affirmer sur le marchĂ© international. Après presque trois ans de crise industrielle conjoncturelle, beaucoup n’ont plus les moyens d’innover. Et le recul des exportations induit par les droits de douane amĂ©ricains d’encore 15% ne fera qu’envenimer la situation. Innosuisse peut contribuer Ă  soutenir notablement l’innovation Ă  travers deux mesures :  

  1. en augmentant de manière significative le financement des projets et
  2. en réduisant, voire en supprimant, la contribution en espèces des entreprises pour l’exercice 2026 - ce qui reviendrait à prolonger une mesure déjà existante.

Par ailleurs, il conviendrait que les projets soient plus souvent initiĂ©s par les entreprises et moins par les universitĂ©s. 
 

6. Garantir la sécurité – renforcer l’industrie de la défense

Les règles très restrictives s’appliquant Ă  l’exportation de matĂ©riel de guerre poussent non seulement l’industrie de l’armement locale au bord du gouffre, mais mettent Ă©galement en danger la sĂ©curitĂ© de la Suisse. La loi sur le matĂ©riel de guerre approuvĂ©e par le Parlement en dĂ©cembre permet Ă  nouveau d’exporter des biens d’armement vers des États partenaires, de renforcer la confiance vis-Ă -vis de la fiabilitĂ© de la Suisse et d’assurer un fondement Ă©conomique Ă  l’industrie de la dĂ©fense. La capacitĂ© de dĂ©fense de notre pays s’en trouvera Ă©galement renforcĂ©e : la Suisse ne saurait maintenir son armĂ©e opĂ©rationnelle sur le long terme sans disposer de sa propre industrie. Un rĂ©fĂ©rendum sera lancĂ© contre la rĂ©vision de la LFMG. Aidez-nous Ă  le faire Ă©chouer.

7. Garantir l’approvisionnement énergétique – autoriser toutes les technologies

De nombreuses entreprises industrielles sont tributaires d’un approvisionnement en Ă©lectricitĂ© qui soit Ă  fois sĂ»r et durable Ă  des tarifs Ă©conomiquement supportables. Par consĂ©quent, il est important que les coĂ»ts d’utilisation du rĂ©seau demeurent sous contrĂ´le. Pour ce faire, quatre mesures doivent ĂŞtre adoptĂ©es en prioritĂ© :  

  1. Pour les entreprises industrielles grandes consommatrices d’électricité, la rémunération pour l’utilisation du réseau ne doit pas augmenter davantage. En cas d’ajustements éventuels de la méthode de répartition des coûts du réseau, des incitations doivent être mises en place afin que les réinjections de courant photovoltaïque à des niveaux de réseau supérieurs n’entraînent pas de coûts supplémentaires pour les entreprises industrielles.
  2. L’injection de courant doit répondre à des critères économiques fondés sur le marché, quelle que soit la forme que prend la production. Les tarifs de réinjection pour la production photovoltaïque et éolienne injectée dans le réseau doivent systématiquement être calculés en fonction du prix de référence du marché. Cela donnera une incitation à investir dans des batteries ou à réduire volontairement la puissance délivrée.
  3. Grâce à une coopération renforcée, à la participation de la Suisse et à l’accès réciproque aux marchés, l’accord sur l’électricité avec l’UE crée un potentiel de réduction des prix, en particulier en ce qui concerne la rémunération pour l’utilisation du réseau.
  4. L'ouverture Ă  toutes les technologies est essentielle et garantit que tous les types de production d'Ă©lectricitĂ© respectueux du climat puissent ĂŞtre utilisĂ©s. Un mix Ă©lectrique diversifiĂ© renforce la rĂ©silience de l’approvisionnement en Ă©lectricitĂ© et optimise les coĂ»ts de système.  
     

8. Assurer l’attractivité du site – permettre les investissements étrangers

La projet loi fĂ©dĂ©rale sur l’examen des investissements Ă©trangers n’apporte rien, si ce n’est plus de bureaucratie et de rĂ©gulation. Nous devrions nous rĂ©jouir que des entreprises Ă©trangères souhaitent investir en Suisse. Ce n’est pas Ă  la politique ni Ă  l’administration de dĂ©cider qui a le droit d’acheter quoi sur le territoire suisse. Les infrastructures d’importance stratĂ©gique pertinentes d’un point de vue systĂ©mique, comme les rĂ©seaux d’eau et d’électricitĂ© ou les chemins de fer, sont de toute façon propriĂ©tĂ© de l’Etat, et donc protĂ©gĂ©es des acquisitions indĂ©sirables. 

9. Mettre en œuvre la protection du climat de manière pragmatique – réduire la bureaucratie

La trajectoire de rĂ©duction des Ă©missions de CO2 de 2,25% par an dĂ©cidĂ©e par le Conseil fĂ©dĂ©ral se rĂ©vèle tout simplement impossible Ă  mettre en Ĺ“uvre tant sur le plan technique qu’économique. Jusqu’à prĂ©sent, les entreprises de l’industrie tech ont toujours investi dans des solutions de pointe, mais elles ne sont pas en mesure de le faire chaque annĂ©e. Au bout du compte, des entreprises se verront contraintes de mettre la clĂ© sous la porte du fait de cette lĂ©gislation rigide, ce qui Ă©quivaudra Ă  une dĂ©sindustrialisation forcĂ©e induite par l’État. Le Conseil fĂ©dĂ©ral se doit de rĂ©viser cette ordonnance. 

Selon une étude, les mécanismes de compensation des émissions de CO2 se traduisent par une augmentation de 50% du coût des compresseurs fabriqués en Europe, et d’autres produits subissent également des hausses conséquentes. Les fabricants se trouvent de fait dans l’impossibilité d’écouler leurs produits en dehors du marché européen. Force est de constater que ce redimensionnement contraint remet en question la place économique européenne et que la politique climatique par trop ambitieuse de l’UE est en passe de détruire sa substance industrielle. Une telle absurdité doit être épargnée à la Suisse.

10. Maintenir les technologies clés – faire avancer l’industrie des semi-conducteurs

Dans le domaine des semi-conducteurs le dĂ©veloppement de technologies et de produits ainsi que la production en petites sĂ©ries doivent devenir possibles. Il s’agit d’assurer l’avenir d’une technologie clĂ©. 



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Dernière mise à jour: 04.08.2025