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Le libre-échange est une bonne chose pour tous les pays

Vers la fin du XXe siècle, la libéralisation du système commercial mondial a conduit les entreprises à étendre de plus en plus leurs processus de production au-delà de leurs frontières. Les régions moins développées du monde en ont particulièrement profité. Les conflits commerciaux et le protectionnisme ont ralenti cette évolution ces dernières années, remettant en cause les gains de prospérité obtenus. Cela a également un impact négatif sur la protection de l’environnement et du climat. En conséquence, surtout dans les régions les moins développées, nous constatons un manque de fonds pour investir dans des technologies écologiques. Un changement de cap dans la politique commerciale est donc nécessaire, car le libre-échange profite à tous les pays - notamment à la Suisse.

En 1817 déjà, l’économiste anglais David Ricardo avait prouvé avec sa théorie que le commerce international augmente la prospérité de tous les États engagés. Selon lui, tous les pays commerçants peuvent augmenter leur prospérité en se concentrant sur la production de biens qui leur procure un « avantage comparatif ». En d’autres termes, des produits qu’ils peuvent produire de façon relativement plus efficace et plus avantageuse que d’autres pays. D’autres économistes ont ajouté par la suite que la possibilité d’exporter favorise la force innovatrice des entreprises et leur apporte des bénéfices supplémentaires grâce aux effets d’échelle. Toutefois, l’effet positif sur la prospérité ne peut se développer pleinement que si le commerce entre les États est aussi libre que possible, c’est-à-dire qu’il n’est pas limité par des droits de douane ou d’autres obstacles.

Portrait of David Ricardo by Thomas Phillips
DAVID RICARDO (1772-1823)

La participation au commerce mondial diminue la pauvreté

L’expérience pratique confirme la théorie de David Ricardo. Cependant, depuis 1817, le commerce a beaucoup changé. Alors que dans le passé, les entreprises avaient tendance à commercialiser des produits finis au-delà de leurs frontières, la production le long des chaînes de valeur ajoutée s’est fortement spécialisée et fragmentée au cours des dernières décennies. Les progrès technologiques dans le domaine des transports, des moyens d’information et de communication et la suppression des entraves au commerce ont incité les entreprises à délocaliser leurs procédés de production à l’étranger. Les entreprises étaient à la recherche de possibilités pour améliorer l’efficacité partout où elles pouvaient les trouver. Cela a permis d’augmenter la productivité et les recettes dans les pays qui ont rejoint les chaînes de valeur ajoutée mondiales.

Le dernier « World Development Report » de la Banque mondiale confirme que la multiplication des chaînes de valeur ajoutée mondiales a largement profité aux pays les moins développés. Une grande partie de ces pays se trouvent désormais à égalité avec les pays plus riches. La pauvreté a considérablement diminué. La Chine et le Vietnam en sont des exemples parfaits. L’OMC a notamment favorisé l’extension du commerce international. Elle a instauré des règles reconnues au niveau multilatéral et un mécanisme de règlement des litiges avec une commission de recours indépendante. Cela a permis d’ouvrir les frontières et d’éviter des guerres commerciales. Après la création de l’OMC en 1995, le volume du commerce mondial a augmenté de 125% jusqu’en 2008. De plus, les taxes douanières moyennes sont passées de 17% en 1988 à 8% en 2016. Les quotas du commerce extérieur ont plus que quadruplé.

L’impasse de la prospérité et du climat

Cette croissance s’est ralentie après 2007. Outre l’affaiblissement de l’économie mondiale, les conflits commerciaux et le protectionnisme croissant se mettent en travers de l’extension des chaînes de valeur ajoutée à l’échelle mondiale. Le blocus de l’OMC a contribué à cette évolution. Les États-Unis refusent de nommer de nouveaux juges pour le tribunal de l’OMC. Cela signifie que le règlement des litiges n’a plus lieu dans le cadre du système commercial international. Cela se fait principalement au détriment des pays qui n’ont pas de pouvoir politique et/ou économique. Au lieu d’un système de réglementation qui n’est pas applicable par les tribunaux, le droit du plus fort prend toujours plus d’importance.

Tant que ces incertitudes persistent, les entreprises limiteront leurs investissements. Les chaînes de valeur ajoutée mondiales ne peuvent donc plus stimuler la croissance et créer de meilleurs emplois. Les conflits commerciaux et le protectionnisme remettent même en question les avantages de prospérité acquis et encouragent le retour de la pauvreté. En fin de compte, cela est mauvais pour la protection de l’environnement et du climat. Donc, les moyens pour investir dans des technologies écologiques font défaut dans les régions les moins développées. En outre, un recul de la prospérité est plus susceptible de conduire à des troubles sociaux qu’à un comportement respectueux de l’environnement.

Que faire ?

Pour que les chaînes de valeur ajoutée mondiales puissent de nouveaux améliorer la prospérité, la politique commerciale doit être réorganisée. Le protectionnisme doit être arrêté et les marchés doivent être libéralisés. L’abolition des droits de douane et des autres entraves au commerce permet aux États et aux entreprises de se procurer plus facilement les facteurs de production nécessaires à l’innovation et à la production, d’optimiser les chaînes de valeur ajoutée de manière ciblée et, en même temps, d’élargir les marchés de vente. Parallèlement, des investissements dans les infrastructures de transport et de communication et dans la formation sont nécessaires, en particulier dans les pays moins développés. Le fait de permettre le plus possible des investissements étrangers constitue un autre moyen. Finalement, nous avons besoin de règles commerciales applicables au niveau multilatéral. Elles protègent contre la discrimination politique les États engagés dans le commerce.

Qu’en est-il de l’environnement ?

La croissance économique et les chaînes de valeur ajoutée mondiales sont les conditions essentielles pour venir à bout des problèmes touchant l’environnement à l’échelle mondiale. Les marchés ouverts favorisent une situation de concurrence. Cette dernière encourage à son tour l’innovation. En fin de compte, ce sont les innovations technologiques qui nous permettent de relever les défis du changement climatique. En outre, le libre-échange facilite massivement l’accès des pays pauvres aux technologies écologiques. À l’image de la fuite de la pauvreté, seule une approche soutenue de façon multilatérale a le potentiel d’encourager la protection de l’environnement et du climat. Si les règles au niveau multilatéral peuvent être appliquées dans le commerce international des biens et des services, cela devrait également être possible dans le domaine de la protection du climat et de l’environnement.

Qu’est-ce que cela signifie pour la Suisse ? En tant que petit pays et d’un des plus grands bénéficiaires de la mondialisation, la Suisse a tout intérêt à s’engager activement en faveur du multilatéralisme et du libre-échange.

 

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Dernière mise à jour: 10.02.2020, Ivo Zimmermann