La situation sécuritaire en Europe est tendue. Dans le même temps, l’industrie suisse de la défense est au bord de l’effondrement en raison de règles d’exportation extrêmement restrictives. La révision de la loi sur le matériel de guerre apporte une solution opportune et responsable : elle facilite les exportations d’équipements de défense vers les États partenaires, maintient des mécanismes de contrôle éprouvés, renforce la capacité de défense et préserve la neutralité de la Suisse.
La neutralité armée de la Suisse exige que le pays soit capable de se défendre. Pour cela, elle a besoin d’une armée opérationnelle, qui dépend elle-même d’une industrie de la défense performante. Cette dernière est la seule qui garantisse la disponibilité opérationnelle de nos systèmes d’armes.
Or c’est précisément cette industrie qui est aujourd’hui au bord de l’effondrement. Les règles restrictives en matière d’exportation et l’interdiction de facto de la réexportation la coupent du marché international. Sans exportations, aucune entreprise de cette branche ne peut survivre en Suisse.
Une adaptation responsable avec des mécanismes de contrôle éprouvés
La loi sur le matériel de guerre (LFMG), révisée par le Parlement en décembre 2025, apporte une solution responsable et opportune. Elle facilite l’exportation d’équipements de défense vers des pays partenaires clairement définis, principalement européens.
Qu’est-ce qui change ? Les modifications décidées par le Parlement. En savoir plus
Les mécanismes de sécurité importants sont conservés. Ainsi, les exportations vers les pays qui violent gravement et systématiquement les droits humains et dans lesquels il existe un risque élevé que ces équipements de défense soient utilisés contre la population civile resteront interdites à l’avenir. Sont également exclues les exportations vers des États pour lesquels il existe un risque élevé que le matériel soit transféré à un destinataire final non souhaité. Les livraisons vers l’Ukraine sont exclues pour des raisons de neutralité, car elles violeraient le principe d’égalité de traitement des parties belligérantes.
Important Ă savoir
Chaque opération d’exportation au sens de la LFMG doit toujours être approuvée par la Confédération. De plus, le Conseil fédéral a la compétence d’interdire les exportations d’équipements de défense pour des raisons de politique étrangère, de neutralité ou de sécurité.
L'industrie suisse de la défense
L’industrie suisse de la défense est un élément central de l’architecture de sécurité nationale et, en même temps, une branche industrielle hautement spécialisée revêtant une grande importance sur le plan technologique. Elle est innovante et étroitement liée à la haute technologie civile. Son importance va bien au-delà de la simple production et englobe des aspects liés à la politique de sécurité, à l’économie et à la technologie.
La force de l’industrie suisse de la défense réside dans des niches de marché hautement spécialisées, dont font notamment partie la technologie des capteurs, les systèmes optoélectroniques, les technologies de défense aérienne, les composants mécaniques de précision ainsi que les systèmes de communication et de commandement. Ces capacités font généralement partie intégrante des systèmes militaires modernes et font de la Suisse un partenaire incontournable dans des domaines précis.
Disposer de sa propre industrie de défense revêt une grande importance stratégique. Celle-ci veille à ce que la Suisse dispose, en cas de crise, des capacités nécessaires pour exploiter, entretenir et faire évoluer ses systèmes d’armes. L’accès aux technologies de pointe est particulièrement important. Les technologies liées à la défense comptent souvent parmi les plus innovantes et les plus performantes qui soient. Sans capacités industrielles propres, la Suisse risque d’être exclue de la coopération internationale en matière de recherche et de développement. De plus, disposer de sa propre industrie de défense confère un pouvoir de négociation. En effet, seuls les pays qui disposent eux-mêmes de compétences et de technologies nécessaires peuvent se présenter comme des partenaires à part entière sur la scène internationale. C’est précisément dans les situations de crise que cela est décisif pour la propre sécurité d’un pays : seuls ceux qui présentent un intérêt technologique pour d’autres pays peuvent compter sur une aide étrangère en cas d’urgence. Le maintien de cette base industrielle revêt donc une importance capitale pour la sécurité de la Suisse et sa capacité en matière de politique de sécurité.
En chiffres
- Création de valeur directe de l’industrie de la défense : 2,3 milliards de francs
- Emplois dans l’industrie de la défense : 14 000
- Plus de 3000 entreprises tout au long de la chaîne d’approvisionnement
Swissmem est convaincue … … que la Confédération continuera d’appliquer les nouvelles règles de manière très responsable, comme elle l’a fait jusqu’à présent. La nouvelle loi préserve la neutralité de la Suisse, élargit la marge de manœuvre de notre pays en matière de politique de sécurité et crée les conditions permettant à l’industrie de la défense de remplir son rôle pour la sécurité de la Suisse.
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