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Interlocuteur Dr. Jean-Philippe KohlDr. Jean-Philippe Kohl
Chef de la division « Politique économique » / Directeur adjoint
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La loi de finances italienne menace les exportations suisses de machines

La nouvelle loi de finances italienne pénalise fortement les machines et les équipements suisses sur le marché italien. Dans son état actuel, la loi prévoit des possibilités d’amortissement étendues pour les biens fabriqués dans l’UE ou dans l’EEE. Sans correction, l’industrie tech suisse risque de subir des pertes d’exportation considérables. Swissmem a réagi immédiatement et soutient la Confédération dans ses efforts pour éviter que la Suisse ne soit désavantagée.

L’Italie est le cinquième marchĂ© le plus important pour l’industrie tech suisse. En 2024, le volume des exportations s’élevait Ă  environ 3,2 milliards de francs, dont environ 900 millions provenaient des exportations de machines. La nouvelle loi de finances autorise les entreprises italiennes Ă  bĂ©nĂ©ficier pendant plusieurs annĂ©es d’un amortissement fortement majorĂ© pouvant atteindre 280% pour les investissements dans des biens d’équipement industriels. L’exemple concret d’une entreprise membre de Swissmem montre qu’une entreprise rentable peut rĂ©aliser une Ă©conomie d’impĂ´t pouvant atteindre 216 000 euros sur six ans en achetant une machine d’une valeur de 500 000 euros. 

Distorsion de concurrence au détriment de la Suisse

Dans l’état actuel des choses, la nouvelle réglementation devrait rester limitée aux marchandises fabriquées dans l’UE ou dans l’EEE. Cela conduit à un désavantage considérable pour les prestataires suisses. La loi ne définit pour l’instant que le cadre général, et l’ordonnance d’application décisive n’est pas encore finalisée. Sans correction, les produits des fabricants suisses deviendraient du jour au lendemain nettement plus chers sur le marché italien et seraient ainsi de facto exclus du marché. Le volume des exportations de l’industrie tech suisse connaîtrait une baisse massive, et ce dans un environnement déjà éprouvant.

Swissmem agit

Swissmem a immĂ©diatement informĂ© le Seco au sujet de cette loi et lui a prĂ©sentĂ© les consĂ©quences nĂ©gatives Ă  l’aide d’exemples concrets d’entreprises. Par ailleurs, Swissmem a initiĂ© une couverture mĂ©diatique afin d’accroĂ®tre la pression politique. En janvier, la ConfĂ©dĂ©ration a fait des dĂ©marches auprès de diverses instances Ă  Bruxelles et Ă  Rome. L’objectif est clair : que la Suisse soit traitĂ©e comme un État membre de l’EEE dans le cadre de la nouvelle loi de finances. L’espoir demeure qu’une solution satisfaisante pour l’industrie tech suisse soit trouvĂ©e. Enfin, il faut Ă©viter que l’exemple italien fasse Ă©cole dans d’autres pays de l’UE, sinon de telles rĂ©glementations risquent d’affaiblir le soutien de la population suisse aux BilatĂ©rales III. 

Les semaines à venir seront décisives. Swissmem s’engage résolument en faveur de conditions de concurrence équitables et du maintien d’un accès au marché aussi libre que possible pour l’industrie tech suisse.

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Dernière mise à jour: 22.01.2026