Page d’accueil Engagement Politique Politique du marché du travail et politique sociale Pour plus de main-d’œuvre qualifiée : oui à l’imposition individuelle le 8 mars
Interlocuteur Dr. Jean-Philippe KohlDr. Jean-Philippe Kohl
Chef de la division « Politique économique » / Directeur adjoint
+41 44 384 48 15 +41 44 384 48 15 j.kohlnoSpam@swissmem.ch
Partager

Pour plus de main-d’œuvre qualifiée : oui à l’imposition individuelle le 8 mars

Le 8 mars 2026, les électeurs et les électrices voteront sur la loi fédérale sur l’imposition individuelle. La réforme supprime les incitations fiscales inopportunes qui réduisent l’attrait financier du travail rémunéré. Pour l’industrie tech, un « oui » revêt donc une importance particulière, car il contribuerait à une meilleure utilisation du potentiel de main-d’œuvre nationale et atténuerait la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Pourquoi l’imposition individuelle est-elle importante pour l’industrie tech ?

Quelle entreprise de l’industrie tech ne connaĂ®t pas les difficultĂ©s liĂ©es au recrutement de main-d’œuvre qualifiĂ©e ? Dans le mĂŞme temps, la main-d’œuvre disponible dans le pays reste inutilisĂ©e, car les personnes bien formĂ©es – souvent des femmes – n’augmentent pas leur taux d’activitĂ©, voire renoncent Ă  exercer une activitĂ© lucrative. Cela s’explique notamment par un cadre fiscal qui impose de manière disproportionnĂ©e le revenu supplĂ©mentaire apportĂ© par la seconde personne, rendant ainsi peu intĂ©ressante financièrement l’augmentation ou la reprise d’une activitĂ© professionnelle. Et ce, d’autant plus lorsque l’augmentation ou la reprise implique des frais de garde considĂ©rables pour les familles avec enfants.

L’imposition individuelle Ă©limine ces incitations inopportunes et, selon les estimations de l’Administration fĂ©dĂ©rale des contributions, pourrait entraĂ®ner la crĂ©ation de 10 000 Ă  44 000 postes Ă  plein temps supplĂ©mentaires. Comme cet effet sur l’emploi devrait se rĂ©partir sur de nombreux postes Ă  temps partiel, il concerne nettement plus de personnes. 

Comment la rĂ©forme fonctionne-t-elle dans la pratique ?

Un couple mariĂ© rĂ©alise un revenu imposable commun d’environ 150 000 CHF. La personne qui gagne le revenu principal travaille Ă  100% et gagne 110 000 CHF, tandis que la seconde personne travaille Ă  60% et gagne 40 000 CHF.

Si la seconde personne augmente son taux d’occupation Ă  80%, son revenu augmente d’environ 13 000 CHF. En raison de l’imposition commune, ce revenu supplĂ©mentaire peut ĂŞtre soumis Ă  un taux d’imposition marginal d’environ 12% ou plus. Cela signifie qu’une partie importante du revenu supplĂ©mentaire est fortement imposĂ©e, ce qui rĂ©duit considĂ©rablement l’attrait financier d’une augmentation du taux d’occupation pour le couple.

Avec l’introduction de l’imposition individuelle, les deux personnes seraient imposées séparément. Dans ce cas, la seconde personne réalisant un revenu devrait supporter une charge fiscale nettement moins élevée, ce qui rendrait l’augmentation du taux d’occupation ou la reprise d’un emploi plus intéressante financièrement.

Qu’est-ce qui changerait dans le système fiscal ?

L’imposition individuelle remplacerait l’imposition commune actuelle des couples mariés par une imposition séparée de chaque contribuable. À l’avenir, les revenus et la fortune seraient saisis et imposés individuellement, indépendamment de l’état civil. Les déductions liées à la famille seraient maintenues et attribuées à chacun des parents.

L’argument central des dĂ©tracteurs de la rĂ©forme est que les deux partenaires devraient remplir des dĂ©clarations d’impĂ´ts sĂ©parĂ©es. Or cela n’est un inconvĂ©nient qu’à première vue : toute personne qui remplit elle-mĂŞme sa dĂ©claration d’impĂ´ts obtient une vue d’ensemble transparente de la part du salaire – durement gagnĂ© – qu’elle doit verser Ă  l’État, pour des services plus ou moins judicieux. De plus, le fait d’examiner ses propres finances conduit Ă  rĂ©flĂ©chir de manière plus consciente, Ă  chaque votation, sur l’augmentation des dĂ©penses publiques et/ou des impĂ´ts. Et quand on se rend compte qu’en plus, on paie moins d’impĂ´ts grâce Ă  l’imposition individuelle, c’est d’autant plus rĂ©jouissant. 

Ă€ qui profiterait l’imposition individuelle ?

Ce sont aux seconds revenus que profiterait tout particulièrement l’imposition individuelle. Avec la réforme, les efforts supplémentaires faits pour gagner sa vie ne seraient plus pénalisés fiscalement.

Les entreprises profiteraient elles aussi d’une participation accrue au marché du travail. En effet, cela améliorerait la disponibilité de main-d’œuvre qualifiée, en particulier pour l’industrie tech. À long terme, l’économie nationale profiterait également d’une meilleure utilisation du potentiel de main-d’œuvre disponible. Voilà un effet secondaire bienvenu dans le débat houleux sur l’immigration, puisque l’offre de main-d’œuvre qualifiée augmenterait sans qu’il soit nécessaire de recourir à une immigration supplémentaire.

Swissmem s’engage en faveur du oui

Swissmem soutient l’introduction de l’imposition individuelle. Le Conseil a dĂ©cidĂ© Ă  l’unanimitĂ© de recommander de voter « oui Â» lors du scrutin du 8 mars 2026. 

Swissmem s’attend à ce que la réforme renforce la compétitivité des entreprises et la place économique suisse.

Ces articles peuvent vous intéresser

Dernière mise à jour: 13.02.2026