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Interlocuteur  Philip Hauri Philip Hauri
Directeur Next Industries
philip.haurinoSpam@nextindustries.ch
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Un gain d’efficacité grâce à la fabrication sans dessin

Bucher Hydraulics a éliminé les ruptures de supports dans le processus de fabrication. Aujourd’hui, le modèle 3D est la seule source de données faisant autorité – avec des effets clairement mesurables. Lucca Flum et Bernd Kühnle nous en donnent un aperçu.

Quel dĂ©fi souhaitiez-vous rĂ©soudre avec votre projet ?

Nous Ă©tions confrontĂ©s au problème classique dans ce processus : la conception consistait Ă  crĂ©er un modèle 3D, Ă  partir duquel un dessin 2D Ă©tait gĂ©nĂ©rĂ© et d’autres documents Ă©taient Ă©laborĂ©s en plus. En d’autres termes, il fallait rassembler plusieurs documents pour dĂ©crire un composant de manière univoque.

Cela nécessitait une importante coordination entre les services de conception, de fabrication et de qualité. Dans le même temps, les composants deviennent de plus en plus complexes, ce qui rend les dessins d’autant plus exigeants. Les exigences imposées aux collaborateur/rices pour qu’ils/elles soient capables de lire et d’interpréter correctement ces plans sont donc également de plus en plus élevées.

Un modèle 3D permet de visualiser plus clairement à quoi doit ressembler la pièce, ce qui permet notamment de réduire le travail d’interprétation. C’est ce qui a motivé la décision de passer à la définition basée sur un modèle (model-based definition, MBD).

Pourquoi avez-vous optĂ© pour cette approche ?

Le concept de la fabrication sans dessin n’est pas nouveau : les premiers systèmes de CAO 3D Ă©taient dĂ©jĂ  disponibles dans les annĂ©es 1990. Ă€ l’époque, cependant, la fabrication n’était pas encore suffisamment Ă©quipĂ©e pour pouvoir travailler directement Ă  partir de modèles 3D, ce qui explique pourquoi les dessins restaient indispensables.

Aujourd’hui, la technologie a tellement progressĂ© qu’elle permet la mise en place d’une chaĂ®ne de processus entièrement numĂ©rique : toutes les informations pertinentes peuvent ĂŞtre enregistrĂ©es directement dans le modèle 3D et transmises Ă  la machine.

OĂą en ĂŞtes-vous aujourd’hui ?

Nous avons dĂ©sormais entièrement mis en place le nouveau processus et sommes passĂ©s Ă  la production en sĂ©rie. Environ 300 modèles ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© conçus et fabriquĂ©s selon cette nouvelle norme.

La valeur ajoutĂ©e est clairement mesurable : nous avons des dĂ©lais d’exĂ©cution plus courts et un nombre rĂ©duit de demandes de prĂ©cisions tout au long du processus.

Concrètement, nous avons pu réduire la charge de travail en conception d’environ 30%, car la création de dessins en 2D n’est plus nécessaire. En matière de programmation CN, nous avons même gagné jusqu’à 70% de temps, et ce malgré des pièces plus complexes.

Y a-t-il eu des dĂ©couvertes au cours du projet qui vous ont surpris ?

Oui, surtout en ce qui concerne l’approche. Au début, nous avons essayé de partir de la conception et de faire passer le modèle par le processus.

Ce procĂ©dĂ© n’a pas fonctionnĂ©. Ce n’est qu’après avoir envisagĂ© le processus Ă  rebours – c’est-Ă -dire en partant du produit fini – que nous avons atteint notre objectif. Nous nous sommes demandĂ© : De quoi la machine a-t-elle besoin ? Quels sont les outils utilisĂ©s ? Quelles informations faut-il fournir ? Et nous en avons ensuite dĂ©duit quelles Ă©taient les exigences en matière de conception.

Quel rĂ´le a jouĂ© la gestion du changement ?

Un très grand rĂ´le. Pour de nombreux collaborateurs et collaboratrices, cette transition a entraĂ®nĂ© des changements fondamentaux. Les concepteurs et conceptrices, qui travaillaient depuis des dĂ©cennies Ă  partir de dessins, ont dĂ» apprendre de nouvelles mĂ©thodes de travail. Dans la fabrication aussi, on est soudainement passĂ© des fichiers PDF aux modèles 3D.

Il était essentiel d’impliquer les collaborateur/rices dès le début, de leur présenter les avantages et de leur dispenser une formation ciblée. C’est ainsi que la transition a pu être menée à bien.

Quel rĂ´le joue le fournisseur de solutions dans ce projet ?

La mise en Ĺ“uvre concrète de la MBD ne s’est imposĂ©e que ces dernières annĂ©es. L’idĂ©e initiale du projet est venue d’Inneo, qui possède une longue expertise dans le domaine des logiciels 3D et qui a une vue d’ensemble des dernières Ă©volutions et fonctionnalitĂ©s. 

Inneo a pu mettre Ă  profit l’expĂ©rience acquise lors de projets similaires pour la crĂ©ation de modèles MBD et apporte Ă©galement son soutien Ă  la formation des collaborateur/rices de Bucher Hydraulics. 

Selon vous, quels sont les facteurs de rĂ©ussite dans le cadre d’une collaboration ?

Il est important de bien rĂ©partir les responsabilitĂ©s : le prestataire apporte la mĂ©thodologie et la technologie, tandis que l’entreprise dĂ©finit les exigences et les processus et est chargĂ©e de la mise en Ĺ“uvre.

Parmi les autres facteurs de rĂ©ussite, on peut citer la collaboration de longue date fondĂ©e sur la confiance et les Ă©changes rĂ©guliers. 

En outre, ce sujet ne doit pas être considéré comme un simple projet informatique. Le domaine de la CAO et de la MBD relève généralement de l’informatique, mais c’est souvent là que la compréhension globale des processus fait défaut. Il est essentiel que la conception, la fabrication et la qualité soient étroitement associées à ce processus.

Quels conseils donneriez-vous Ă  d’autres entreprises ?

L’un des points essentiels est que le fait de disposer d’une source unique de données pour l’ensemble de la chaîne de processus apporte de la clarté, réduit le travail d’interprétation et améliore ainsi l’efficacité tout au long de la chaîne de processus.

Deuxièmement, il convient de privilégier une conception axée sur la fabrication et de toujours envisager les processus en partant de la fin.

Et troisièmement, de telles nouveautĂ©s nĂ©cessitent une bonne gestion du changement ; il faut impliquer les collaborateurs et les collaboratrices.

🎯Notre conclusion est la suivante : 

  • Il s’agit d’un projet rĂ©alisable qui apporte une très grande valeur ajoutĂ©e.
  • Il n’est pas toujours nĂ©cessaire d’inventer quelque chose de totalement nouveau ; on peut rĂ©aliser beaucoup de choses en utilisant les technologies existantes de manière cohĂ©rente.
  • MĂŞme si l’IA est actuellement au centre de l’attention, la numĂ©risation recèle encore un potentiel considĂ©rable qui reste inexploitĂ©.

Informations sur les entreprises :
www.bucherhydraulics.com / www.inneo.ch

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Dernière mise à jour: 26.05.2026