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Financer l’AVS et l’armée : il faut trouver un compromis viable

Le peuple a approuvé la 13e rente AVS et l’armée a besoin rapidement de moyens supplémentaires. Swissmem propose, pour le financement, une solution globale temporaire reposant sur la TVA. Une expertise juridique montre qu’un projet commun est constitutionnel. Certes, une première tentative au Parlement a échoué, mais une solution reste possible.

La Suisse est confrontĂ©e Ă  deux grands dĂ©fis en matière de politique financière : la 13e rente AVS doit ĂŞtre financĂ©e de manière durable, tandis que l’armĂ©e a besoin rapidement de moyens supplĂ©mentaires pour renforcer la capacitĂ© de dĂ©fense de la Suisse. Suite Ă  la dĂ©cision du peuple sur une 13e rente AVS, les responsables politiques ne peuvent pas Ă©luder la question du financement. Et la sĂ©curitĂ© du pays est une prioritĂ© absolue de la politique. 

Toutefois, le financement de ces deux projets est bloqué sur le plan politique. L’idée de financer les dépenses nécessaires par des économies réalisées dans d’autres domaines n’a aucune chance d’aboutir au Parlement, comme le montre le résultat décevant du Programme d’allègement budgétaire 2027. Dans le même temps, Swissmem estime que des retenues salariales supplémentaires ou de nouveaux impôts fédéraux sur les successions ou les plus-values ne constituent pas la bonne solution. Et un assouplissement du frein à l’endettement serait un véritable cauchemar. De telles solutions alourdiraient encore davantage la charge pesant sur la population active et les entreprises, ou mettraient en péril la stabilité financière de la Suisse.

C’est pourquoi Swissmem a soutenu la solution proposĂ©e par la motion sur le « pour-cent de sĂ©curitĂ© Â» du conseiller aux États Benedikt WĂĽrth, Ă  savoir une augmentation temporaire de la TVA de 0,5 point de pourcentage pour financer la 13e rente AVS, ainsi qu’une augmentation supplĂ©mentaire de 0,5 point de pourcentage pour le renforcement de l’armĂ©e. Ces deux mesures devraient ĂŞtre adoptĂ©es dans le cadre d’un seul et mĂŞme projet, car deux projets distincts risqueraient d’échouer. Une solution globale de ce type constituerait un compromis typiquement suisse.

La politique sous-estime l’urgence de la situation 

La Commission des finances du Conseil des États vient de dĂ©cider de reporter une nouvelle fois l’examen de la motion. De ce fait, l’intervention est classĂ©e, puisque les dĂ©libĂ©rations ne seront pas achevĂ©es dans un dĂ©lai de deux ans. La solution la plus directe – Ă  savoir que le Parlement charge le Conseil fĂ©dĂ©ral de statuer conjointement sur l’AVS et le financement de l’armĂ©e – est donc Ă©cartĂ©e pour l’instant. DĂ©sormais, il faut s’atteler sans relâche Ă  la recherche d’autres solutions. En effet, l’idĂ©e de fond du regroupement des deux projets pourrait rapidement se retrouver au centre de l’attention, notamment si le Parlement ne parvient pas Ă  s’entendre sur le financement de la 13e rente AVS ou si le peuple rejette, lors de votations distinctes, une augmentation de la TVA destinĂ©e Ă  l’AVS ou, un peu plus tard, Ă  l’armĂ©e.

Une expertise confirme l’unité de la matière

Selon une expertise (en allemand) commandĂ©e par Swissmem et rĂ©alisĂ©e par Andreas Glaser (professeur Ă  l’UniversitĂ© de Zurich et au « Zentrum fĂĽr Demokratie Â» d’Aarau), une telle association serait constitutionnellement admissible. Le principe de l’unitĂ© de la matière est respectĂ©, car il existe un lien de fond : il s’agit du financement de deux missions essentielles de l’État, Ă  savoir la protection sociale et la sĂ©curitĂ© nationale. De plus, la grande marge de manĹ“uvre dont dispose l’AssemblĂ©e fĂ©dĂ©rale plaide en faveur d’un regroupement, dans un seul arrĂŞtĂ© fĂ©dĂ©ral, du financement de la 13e rente AVS et de celui de l’armĂ©e. 

Pour Swissmem, une chose est claire : la protection sociale et la sĂ©curitĂ© nationale sont des facteurs dĂ©terminants pour l’attractivitĂ© d’un site. La Suisse ne peut pas se permettre de repousser davantage le financement de la 13e rente AVS ni le renforcement de l’armĂ©e. Il faut dĂ©sormais trouver un compromis temporaire et viable : si l’on ne souhaite pas s’en tenir au « pour-cent de sĂ©curitĂ© Â» dans son sens initial, il faut alors rechercher d’autres solutions judicieuses.

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Dernière mise à jour: 26.05.2026