Après de nombreuses nouvelles désastreuses dans le domaine du commerce international, une crise a au moins pu être évitée : la menace de discrimination à l’encontre des fabricants de machines suisses sur le marché italien. Concrètement, une approche différente a été obtenue concernant la nouvelle loi de finances 2026 de notre pays voisin. Celle-ci prévoyait que les entreprises italiennes puissent bénéficier d’amortissements fiscaux spéciaux fortement augmentés (« hyper-amortissements ») lorsqu’elles investissaient dans de nouvelles machines, mais uniquement si celles-ci provenaient de pays de l’UE ou de l’EEE. De ce fait, les fabricants suisses auraient été exclus. Pour l’industrie tech suisse, des exportations à hauteur d’environ un milliard de francs par an étaient en jeu. Dès janvier, certaines commandes de clients italiens auprès d’entreprises suisses ont été suspendues.
Au début de l’année, Swissmem avait déjà attiré l’attention sur le risque de discrimination, avait informé les autorités suisses et s’était engagée avec elles en vue d’obtenir une correction.
Soulagement chez les exportateurs suisses de machines
Mais un changement de cap s’annonce : comme le rapporte le journal économique italien Il Sole 24 Ore, le vice-ministre de l’Économie Maurizio Leo a annoncé son intention de lever les restrictions territoriales. Les exportations suisses de machines seraient alors elles aussi soumises à la nouvelle réglementation en matière d’amortissement.
Swissmem salue expressément cette annonce. Néanmoins, la mise en œuvre des nouveaux « hyper-amortissements » semble bloquée pour l’instant, car la suppression totale de la restriction territoriale entraînerait des coûts supplémentaires considérables. Tant que ce financement n’est pas clarifié, le décret d’application reste bloqué.
La question de l’accès au marché continuera d’occuper la Suisse
Le cas de l’Italie montre que les conditions fiscales et réglementaires ont un impact croissant sur la politique industrielle et commerciale.
Pour l’industrie tech suisse, cela signifie que, même si les discriminations formelles sont éliminées, l’accès pratique au marché reste un sujet sensible. Swissmem continuera donc à suivre de près la mise en œuvre des adaptations annoncées et s’engagera pour que les entreprises suisses soient traitées de manière équitable.
