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Interlocuteur Dr. Jean-Philippe KohlDr. Jean-Philippe Kohl
Chef de la division « Politique économique » / Directeur adjoint
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Des prix de l’énergie à la hausse : dans quelle mesure le conflit en Iran affecte-t-il l’industrie tech ?

Le conflit en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font grimper les prix du pétrole et du gaz naturel et accentuent les incertitudes sur les marchés mondiaux. Cela impacte également l’industrie tech suisse. Certes, aujourd’hui, sa dépendance directe au pétrole est faible, mais la hausse des prix du gaz naturel, l’augmentation des coûts de transport et le ralentissement de la demande d’investissements pèsent néanmoins sur la branche.

La fermeture du dĂ©troit d’Ormuz, due au conflit, frappe l’économie mondiale de plein fouet. En 2025, environ un cinquième du pĂ©trole consommĂ© dans le monde a transitĂ© par ce goulet d’étranglement. Ă€ cela s’ajoute environ un cinquième du gaz naturel liquĂ©fiĂ© (GNL) commercialisĂ© dans le monde. Les marchĂ©s rĂ©agissent donc avec virulence. Ces dernières semaines, les prix du pĂ©trole et du gaz naturel ont parfois presque doublĂ©. L’industrie tech suisse risque-t-elle dĂ©sormais de subir des consĂ©quences importantes ?

L’industrie tech dépend peu du pétrole

L’importance du pétrole pour l’industrie tech a considérablement diminué au cours des trois dernières décennies. Selon les statistiques énergétiques de Swissmem, la consommation de pétrole de la branche a diminué de 93% depuis 1990. Les combustibles dérivés du pétrole ont été remplacés par d’autres sources d’énergie, de sorte que leur part dans la consommation totale d’énergie n’est plus aujourd’hui que de 3,8%. Alors qu’autrefois, le pétrole était largement utilisé pour le chauffage et la production dans de nombreuses régions, ce sont aujourd’hui l’électricité (57%), le gaz (31%) et le chauffage urbain (5%) qui prédominent, avec des processus plus efficaces. Aujourd’hui, la hausse du prix du pétrole brut affecte donc bien moins la branche tech.

Là où le conflit touche quand même l’industrie

En revanche, le gaz naturel a gagné en importance au fil des ans. L’industrie tech couvre près d’un tiers de ses besoins énergétiques grâce au gaz naturel. Cela entraînera une hausse des coûts, en particulier pour les entreprises grandes consommatrices d’énergie qui ne peuvent pas remplacer le gaz naturel par d’autres agents énergétiques. C’est particulièrement le cas dans le secteur de la métallurgie, où la production nécessite souvent des températures élevées. De plus, il en résultera des coûts indirects. Les prix des carburants augmentent, tout comme les coûts de transport et de logistique. Les compagnies maritimes ont déjà réagi en augmentant leurs tarifs. Sur le marché du fret aérien également, les prix ont fortement augmenté sur certaines liaisons depuis le début du conflit. La hausse des prix du gaz naturel peut également se répercuter sur le marché de l’électricité, car elle entraîne souvent une augmentation des prix en Europe. Et enfin, le conflit accroît l’insécurité dans le monde entier. Les investissements sont annulés ou reportés, ce qui freine la demande en biens de l’industrie tech suisse.

En rĂ©sumĂ©, le conflit en Iran et le blocage du dĂ©troit d’Ormuz constituent un risque sĂ©rieux pour l’économie mondiale, et l’industrie tech suisse est elle aussi impactĂ©e. Le pĂ©trole ne joue certes plus qu’un rĂ´le secondaire dans cette branche, mais la hausse des prix du gaz naturel entraĂ®nera une augmentation des coĂ»ts pour les entreprises grandes consommatrices d’énergie. Il faut Ă©galement s’attendre Ă  une hausse des coĂ»ts de transport et, le cas Ă©chĂ©ant, de l’électricitĂ©. De plus, les incertitudes s’accentuent Ă  l’échelle mondiale, ce qui continue de freiner la demande en biens d’investissement. Il faut espĂ©rer que le conflit prendra bientĂ´t fin, de sorte que l’approvisionnement en pĂ©trole et en gaz naturel puisse revenir Ă  la normale.   

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Dernière mise à jour: 31.03.2026