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Convention PEM : nouvelles règles d’origine à partir de 2026

Depuis le début de l’année 2026, de nouvelles règles d’origine s’appliquent dans la région méditerranéenne paneuropéenne. Pour les entreprises exportatrices, elles apportent des simplifications ; dans le même temps, les lacunes en matière de ratification peuvent créer de nouveaux défis.

Que rĂ©git la Convention PEM ?

Le principe fondamental de la Convention PEM (Convention paneuroméditerranéenne) repose sur le cumul diagonal (multilatéral) des matières premières bénéficiant de règles d’origine préférentielles provenant des États membres de la Convention PEM. Des règles uniformes en matière de listes (d’origine) constituent à cet égard une condition préalable essentielle.

Par exemple, un fabricant suisse peut s’approvisionner en matières préférentielles provenant de l’UE, de Serbie ou de Turquie, puis les transformer en Suisse. Lors d’une évaluation de l’origine dans le cadre d’une exportation vers un État membre de l’UE, ces matières ne doivent pas être déclarées comme provenant d’un pays tiers, mais peuvent être prises en compte comme si elles avaient été fabriquées en Suisse. Après une évaluation globale positive, un exportateur suisse déclare le produit comme produit d’origine préférentielle venant de Suisse (pays de la dernière transformation). L’importation vers un autre pays PEM est généralement exemptée de droits de douane.

Les règles modernisées reflètent les chaînes d’approvisionnement mondiales

Les règles d’origine PEM rĂ©visĂ©es ont dĂ©finitivement remplacĂ©, au 1er janvier 2026, les dispositions prĂ©cĂ©dentes, en vigueur depuis 1973. L’objectif de cette rĂ©vision Ă©tait d’adapter les règles d’origine Ă  l’interdĂ©pendance Ă©conomique mondiale actuelle avec les fournisseurs asiatiques ainsi qu’aux Ă©volutions dans le domaine informatique.

Concrètement, cela signifie notamment que :

  • La part autorisĂ©e de matières provenant d’États tiers est moins restrictive.
    Alors qu’elle s’élevait auparavant, selon les produits, Ă  30 ou 40%, elle atteint souvent environ 50% selon les nouvelles règles – par rapport au prix « dĂ©part usine Â» des marchandises exportĂ©es.
  • Si la valeur ajoutĂ©e ne suffit pas Ă  elle seule Ă  confĂ©rer l’origine prĂ©fĂ©rentielle, le « saut tarifaire Â» peut dĂ©sormais ĂŞtre utilisĂ© plus souvent comme Ă©lĂ©ment dĂ©terminant l’origine.
  • Des simplifications ont Ă©tĂ© mises en place pour les exportateurs et les douanes en matière d’administration, de calcul et de gestion des donnĂ©es et des documents relatifs Ă  l’origine. DĂ©sormais, il est par exemple possible d’utiliser, dans le cadre des calculs de coĂ»ts initiaux, des prix glissants pour les matières achetĂ©es (sur une base de 12 mois).

Le statut de ratification influe sur l’utilisation du cumul

La Convention PEM rĂ©visĂ©e a Ă©tĂ© adoptĂ©e le 31 dĂ©cembre 2024 par tous les États parties. Après l’annĂ©e de transition 2025, durant laquelle les anciennes et les nouvelles règles pouvaient ĂŞtre appliquĂ©es, seules les règles d’origine rĂ©visĂ©es s’appliquent depuis 2026.

On a mis au point le mĂ©canisme de la rĂ©fĂ©rence dynamique, par lequel les règles rĂ©visĂ©es deviennent contraignantes pour tous les États membres en tant que paquet global de tous les États membres. Cependant, tous les États n’ont pas ratifiĂ© la Convention PEM avec la rĂ©fĂ©rence dynamique dans les dĂ©lais impartis, soit avant le 31 dĂ©cembre 2026. Il en rĂ©sulte des failles temporaires dans le système.

En effet, les États PEM qui n’ont pas encore ratifié l’accord sont actuellement exclus du cumul diagonal. Cela peut avoir pour conséquence que les importateurs ne bénéficient plus automatiquement d’importations en franchise de droits de douane.

Les accords bilatéraux de libre-échange existants de l’AELE restent toutefois en vigueur. Lorsqu’il s’agit d’exportations vers certains pays – comme l’Égypte –, les matières provenant d’autres États, à l’exception des pays de l’AELE et du pays importateur lui-même, doivent être considérées temporairement comme des marchandises provenant d’États tiers. Cette mesure s’applique également, jusqu’à nouvel ordre, aux matériaux provenant des États membres de l’UE.

Recommandation aux entreprises exportatrices

Pour les exportations vers les pays PEM qui n’ont pas encore ratifié la convention, il est impératif de procéder à de nouvelles évaluations de l’origine, et ce, en particulier lorsque le cumul EURO-MED était appliqué jusqu’à présent.

Une analyse actualisée des chaînes d’approvisionnement et des calculs d’origine peut aider à éviter les risques douaniers et à continuer de bénéficier des droits de douane préférentiels.

Aperçu des accords PEM ratifiés et de ceux en attente de ratification

Convention PEM 
ratifiée
zone 1
Convention PEM 
en attente
zone 2
UEÎles Féroé
AELEÉgypte
AlbanieIsraël
Bosnie-HerzĂ©govine                     Liban
GéorgieMaroc
JordaniePalestine
MoldavieUkraine
MontĂ©nĂ©gro 
MacĂ©doine du Nord 
Serbie 
Tunisie 
Turquie 

Il s’agit d’un instantanĂ© (date de rĂ©fĂ©rence : 1er mars 2026). Les publications de l’OFDF s’appliquent, en particulier la matrix PEM.

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Dernière mise à jour: 27.04.2026