Page d’accueil Engagement Rétrospective de la session d’automne par Swissmem :
Interlocuteur  Linda Steiner Linda Steiner
Cheffe de secteur
+41 44 384 48 36 +41 44 384 48 36 b.steinernoSpam@swissmem.ch
Partager

Rétrospective de la session d’automne par Swissmem :

Au cours de cette session d'automne, le Parlement a examiné des dossiers importants. Outre les décisions relatives à la sur les opérations spatiales et à la loi sur l’égalité pour les personnes handicapées, les accords bilatéraux III, l'accord de libre-échange avec le Mercosur et les décisions concernant le financement de l'armée ont revêtu une importance particulière pour le secteur technologique suisse.

Bilatérales III : un OUI, MAIS du Conseil des États

Après environ 24 heures de dĂ©bats au total, le Conseil des États a approuvĂ© le volet « stabilisation Â» des BilatĂ©rales III. Swissmem salue cette dĂ©cision. L’UE est le principal partenaire commercial de la Suisse, il est donc capital que les relations avec l’UE soient stables. 

La dĂ©cision la plus fondamentale prise par le Conseil des États concernait la question du rĂ©fĂ©rendum. La Chambre haute a dĂ©cidĂ© de soumettre ces accords au rĂ©fĂ©rendum obligatoire « sui generis Â», nĂ©cessitant la double majoritĂ©. Le Conseil Ă©rige ainsi un nouvel obstacle que les BilatĂ©rales devront surmonter. 

Le compromis conclu entre les partenaires sociaux concernant les mesures d’accompagnement ainsi que la mesure n° 14, très controversĂ©e, relative Ă  la protection contre le licenciement ont Ă©tĂ© adoptĂ©s par le Conseil des États. Swissmem compte dĂ©sormais sur le soutien des syndicats dans la campagne de votation en faveur des BilatĂ©rales III.[BS1] 

En matière d’immigration, il a durci le projet de loi, notamment en instaurant une taxe d’immigration, en imposant l’obligation de prĂ©senter un extrait de casier judiciaire aux citoyens et citoyennes de l’UE souhaitant obtenir une autorisation de sĂ©jour en Suisse, ainsi qu’en introduisant des restrictions au droit de sĂ©jour permanent. 

Pour Swissmem, une taxe d’immigration, en particulier, n’est pas la bonne solution. Il ne faut pas se focaliser sur les travailleuses et travailleurs qualifiĂ©s Ă©trangers qui paient des impĂ´ts, qui sont intĂ©grĂ©s et dont l’économie suisse a besoin. Il faut plutĂ´t se concentrer sur la question de l’asile et la lutte contre l’immigration clandestine. 

Par ailleurs, Swissmem voit d’un œil critique la participation au programme Erasmus+ décidée par le Conseil des États. Par rapport à la solution suisse existante, la valeur ajoutée qu’apporterait une association est trop faible compte tenu des coûts nettement plus élevés.

Mercosur : feu vert pour l’accord de libre-échange

La dĂ©cision dĂ©sastreuse prise par le Conseil national lors de la session d’étĂ© a pu ĂŞtre corrigĂ©e. Le Conseil des États et le Conseil national ont tous deux approuvĂ© l’accord de libre-Ă©change avec le Mercosur. Cet accord revĂŞt une importance capitale pour l’industrie tech suisse. Dans un monde de plus en plus marquĂ© par la formation de blocs et les litiges commerciaux, la Suisse doit tout mettre en Ĺ“uvre pour nouer de nouveaux partenariats en faveur d’un libre-Ă©change accru. 

Les revendications des agriculteurs ont Ă©galement Ă©tĂ© prises en compte au Parlement. Sur les 517 millions CHF approuvĂ©s au total, 480 millions correspondent Ă  des crĂ©dits d’investissement remboursables, et 37 millions CHF sont consacrĂ©s Ă  la promotion directe des ventes. Swissmem compte donc sur le soutien total des agriculteurs dans cette campagne de votation.
 

Financement de l’armée : le Conseil des États pose de solides bases

Le Conseil des États a adaptĂ© le plan de financement proposĂ© par le Conseil fĂ©dĂ©ral pour la modernisation de l’armĂ©e : au lieu d’une hausse du taux normal de la TVA de 0,5 point de pourcentage, il prĂ©conise une augmentation de seulement 0,2 point de pourcentage ; le taux spĂ©cial applicable aux prestations d’hĂ©bergement devrait quant Ă  lui augmenter de 0,1 point. 

Swissmem salue Ă©galement la crĂ©ation d’un fonds pour l’armement de 24 milliards CHF pour la pĂ©riode allant de 2029 Ă  2045. Le transfert des soldes de crĂ©dit vers le fonds pour l’armement affaiblit, par principe, le frein Ă  l’endettement et constitue ainsi un prĂ©cĂ©dent dangereux susceptible de conduire Ă  son assouplissement. Afin de limiter ce risque, le fonds pour l’armement doit ĂŞtre inscrit dans la Constitution – Ă  l’instar du Fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF), conformĂ©ment Ă  l’article 87a de la Constitution fĂ©dĂ©rale –, de sorte que les soldes de crĂ©dit restent effectivement limitĂ©s dans le temps. Ce mĂ©canisme demeurera une exception et prendra fin après 2045. 

La modernisation de l’armée ne peut toutefois pas être financée uniquement par les recettes fiscales et le fonds pour l’armement. Swissmem continue de plaider en faveur de nouvelles économies dans le budget fédéral, afin que des fonds puissent être réaffectés et utilisés pour la modernisation. Il ne faut toutefois pas faire d’économies dans les domaines de la recherche et de la formation liées à l’industrie. Il convient également d’évaluer une privatisation partielle de Swisscom ou de PostFinance, tout en gardant une minorité de blocage entre les mains de la Confédération.

Loi sur les opérations spatiales : oui à la loi, non à la surréglementation

Le Conseil national a adoptĂ© la nouvelle loi sur les opĂ©rations spatiales par 191 voix contre 0, avec 2 abstentions. Swissmem salue ce rĂ©sultat clair. Cette loi instaure pour la première fois un cadre juridique rĂ©gissant l’autorisation et la surveillance des opĂ©rations spatiales suisses, ainsi que les questions de responsabilitĂ© et d’enregistrement. 

Toutefois, la densitĂ© rĂ©glementaire de cette loi va trop loin. Swissmem exige un minimum absolu de conditions : au lieu d’une procĂ©dure d’autorisation publique, une solution fondĂ©e sur l’autodĂ©claration serait appropriĂ©e pour cette branche. En imposant une rĂ©glementation excessive aux jeunes entreprises d’aĂ©rospatiale, on risque de freiner l’innovation. Le Conseil des États doit rectifier cette dĂ©cision lors de la session d’hiver.

Loi sur l’égalité pour les personnes handicapées : réinterpréter les dispositions excessives

La dĂ©cision du Conseil national d’imposer aux employeurs privĂ©s des dispositions lĂ©gales excessives par le biais d’une modification de la loi sur l’égalitĂ© pour les personnes handicapĂ©es a suscitĂ© une vive polĂ©mique. 

Swissmem s’engage en faveur de l’inclusion et de l’intégration des personnes en situation de handicap. Or, les nouvelles dispositions légales n’aident justement pas ces personnes-là. Désormais, les personnes atteintes de TDAH, par exemple, pourraient exiger un bureau individuel, car elles ont du mal à se concentrer dans un open space. Une revendication soudaine de plusieurs centaines de milliers de salariés placerait les employeurs devant une tâche impossible. Cela ne serait propice pour personne.

Ces articles peuvent vous intéresser

Dernière mise à jour: 08.10.2026